L'homophobie tue : les universités interpellées par Pécresse

Clément Solym - 04.11.2009

Edition - Société - homophobie - tuer - universités


Hier, la ministre a pris la mesure d'une situation dénoncée par de nombreuses associations de lutte contre l'homophobie, après une rencontre organisée au ministère : Valérie Pécresse va donc décocher sa plus belle plume pour interpeller les présidents d'université et leu pointer l'importance de la campagne contre l'homophobie.

En effet, à l'origine de cette réunion, un véritable problème : plusieurs affiches ont été arrachées dans quelques établissements du supérieur sur Paris et en région parisienne. Deux premières affiches avaient tout d'abord, au mois de juin, été diffusées à plus de 40.000 exemplaires sur les universités et les associations. Mais maintenant quatre autres affiches prennent le relais, jusqu'au 13 novembre.

Et cette dernière campagne fait l'objet d'un rejet. Pourtant, soulignent les associations, les étudiants peuvent être « encore trop souvent victimes de discrimination en raison de leur orientation sexuelle ». Et c'est le point sur lequel Valérie Pécresse souhaite insister auprès des présidents, alors que la seconde phase de la campagne a débuté.

Si l'on ne dispose pas de chiffres ni d'enquêtes spécifiques sur les problématiques et la question de l'homophobie dans le supérieur, « une des statistiques, c'est le fort suicide des homosexuels dû à la difficulté d'assumer le rejet social de l'homosexualité », précise la ministre. Et Philippe Castel, porte-parole de l'interassociative lesbienne, gay, bi et trans, d'ajouter : « Les taux de suicide sont quatre à sept fois supérieurs à ceux des hétérosexuels du même âge et toutes les études font le lien avec le rejet social. Donc c'est l'homophobie qui tue. »

L'égalité des droits (face au suicide ?) devient l'un des éléments sur quoi faire reposer cette campagne, avec des centres névralgiques particuliers : les écoles d'ingénieurs accuseraient en effet plus de machisme que celles de commerce ou autres SciencePo.