L'horizon des années 2000 aperçu par Arthur C Clarke en 1964

Julien Helmlinger - 11.06.2014

Edition - International - Arthur C Clarke - Science fiction - Futur


À l'occasion de l'Exposition universelle de 1964, sur le stand de l'optimiste constructeur automobile General Motors, était dressée une maquette décrivant à quoi aurait pu ressembler le monde des années 2000. Celui-ci était imaginé à travers le prisme des observations scientifiques de l'époque, sans tenir compte des changements climatiques ou autres crises économiques à venir. La BBC en a profité pour réaliser un documentaire avec la contribution de l'auteur de 2001 : L'Odysée de l'espace. Dans l'objectif : un monde interconnecté, une sorte d'imprimante 3D et puis des singes et machines pour gérer tâches ménagères ou autres efforts productifs.

 

 

 

 

Dès sa première intervention dans le documentaire, Sir Arthur C. Clarke, dont la pensée semble un brin plus pessimiste que celle des concepteurs de la maquette, exprime lui-même ses doutes quant à la capacité de l'homme à se projeter objectivement dans son futur. Car selon cet écrivain lui-même coutumier du registre de l'anticipation, « si, par miracle un prophète pouvait décrire l'avenir exactement comme il allait avoir lieu, ses prédictions sonneraient si absurdes, si farfelues que tout le monde en rirait jusqu'à les mépriser ». 

 

L'auteur et inventeur britannique ajoute que la seule certitude que nous pouvons avoir à propos du futur, serait que celui-ci ne peut-être « qu'absolument fantastique », en conséquence de quoi les théories auraient d'autant plus de chances de ne jamais se réaliser d'une manière fidèle. Quoi qu'il en soit, certaines de ses réflexions sur l'avenir ont bien vieilli.

 

Évoquant les maquettes futuristiques ayant servi à l'émission TV, l'intervenant rappelle que ses composants de base, matériaux et idées, existent déjà au moment où il s'adresse à la caméra. Mais pour lui un changement majeur va changer la donne entre 1964 et les années 2000, et fausser les prévisions. « Pas la bombe atomique où le prochain Âge de pierre, mais je pense aux incroyables percées qui sont faites par le développement des moyens de communication. »

 

Évoquant les satellites, il imagine un monde interconnecté où des interlocuteurs peuvent communiquer sans contrainte géographique d'un bout à l'autre de la planète, dans lequel on peut sans problème travailler à distance, pointant notamment le cas des opérations chirurgicales. Là il anticipe que la place qu'occupaient les grandes villes dans la société n'aurait plus de sens, tout comme la notion de voyage physique.

 

« J'espère seulement que lorsque ce jour viendra et que la place de la ville sera abolie, le monde entier ne se sera pas transformé en une banlieue gigantesque. »

 

Dans un autre registre, Clarke imagine que l'homme n'est pas destiné à demeurer la seule créature « intelligente ». Grâce aux progrès de l'ingénierie biologique entre autres sciences, il imagine que l'homme va développer ses échanges avec les machines, et les animaux comme les dauphins ou les singes. On entraperçoit déjà les progrès cybernétiques. Et que si cela se trouve, les animaux pourraient se civiliser entre eux estime l'auteur. Voire supplanter les humains, soutiendraient d'autres parmi ses pairs.

 

Anticipation d'actualité, l'écrivain évoque l'invention possible d'un dispositif de réplication qui permettrait de créer une copie exacte de n'importe quoi. Un peu comme s'il pensait à l'imprimante 3D, en avertissant sur le fait que cette invention pourrait provoquer de véritables perturbations sociales. « Face à un tel dispositif, la société actuelle sombrerait probablement dans une sorte de barbarie gloutonne. Parce que tout le monde voudrait des quantités illimitées de tout. »

 

À découvrir plus en profondeur ci-dessous, en anglais, deux parties : 

 

 

 

 

(via OpenCulture)