Les livres de coloriage, véritables freins à l'imagination

Antoine Oury - 07.07.2015

Edition - Les maisons - livres - coloriage - Quentin Blake


Il s'agit du grand succès éditorial du moment, mais les livres de coloriage ne sont pas vraiment la tasse de thé de l'illustrateur Quentin Blake. Surtout pour les enfants : si l'auteur des Fabuleuses poches d’Angélique Brioche reconaît que son site web propose quelques coloriages, il assure que cette activité ne favorise pas du tout le développement d'un imaginaire personnel chez l'enfant. Au contraire, il vaudrait mieux dessiner...

 

Quentin Blake

Façade Quentin Blake, à Londres (Katherine, CC BY-ND 2.0)

 

 

Dans une interview au Times, Blake n'y va pas par quatre chemins : il est « totalement contre » les coloriages, particulièrement lorsqu'ils servent de supports pédagogiques en classe. « Je pense qu'il vaut mieux se jeter à l'eau et faire ce que l'on a envie de faire. Je pense que les enfants doivent être en contact avec beaucoup d'images, pour trouver ce qui les intéresse vraiment. »

 

Très célèbres outre-Manche, et dotés d'un style facilement reconnaissable, les dessins de Blake sont parfois utilisés en guise de modèles, à reproduire par les enfants. Blake a également appelé les enseignants et pédagogues à considérer le dessin — et non le coloriage — comme une véritable matière scolaire. « Vu mes dessins, on pourrait croire que je ne suis pas très rigoureux, mais je m'applique beaucoup pour leur donner cet aspect », a-t-il souligné avec humour.

 

Blake n'est pas le seul à tenir un tel discours : Chris Riddell, le children's laureate (auteur chargé de faire la promotion des livres et de la lecture, outre-Manche), a lui aussi réclamé la mise en place d'une pédagogie visuelle. (via The Bookseller) À la dernière Foire du Livre de Londres, Anthony Browne avait lui aussi défendu l'image, pas seulement un complément du texte.

 

« Les parents disent parfois aux enfants qu'ils sont trop grands pour des livres avec des images. Je désapprouve totalement. Je pense que c'est une des principales raisons pour lesquelles les hommes plus âgés ne lisent plus, parce que négliger les livres avec des images fait croire que lire est difficile ou contraignant », avait-il souligné.