L'imaginaire, une littérature de “mauvais genres”, sans complexe

Clément Solym - 27.09.2017

Edition - Les maisons - littérature imaginaire éditeurs - romans imaginaire lecteurs - mois imaginaire octobre


Imaginaire... que peut bien recouper dans l’esprit des lecteurs ce terme abscons ? Toute littérature n’est-elle pas logiquement le fruit d’une construction, et par conséquent de l’imaginaire ? Voici pourtant que s’approche un mois dédié aux littératures de l’imaginaire : fantasy, science-fiction, fantastique, horreur, etc. Des genres, ou des « mauvais genres », qui sont ici passés au crible.

 


Demon with bowl, de Damien Hirst – Jean-Pierre Dalbéra, CC BY SA 2.0

 

Dans le cadre d’une étude menée auprès de ses membres, Babelio tente de dessiner un état de lieux : la carte et le territoire de l’imaginaire. En soi, cette désignation n’est pas une terre littéraire clairement définie. Classer Bilbo le Hobbit ou Le mythe de Cthulhu n’est pas bien difficile, mais Shining, pour exemple, relèverait moins de l’imaginaire que Le portrait de Dorian Gray... 

 

Les lecteurs sont des créatures dubitatives. « Seul un tiers d’entre eux considèrent que Les particules élémentaires, La métamorphose ou même Les fourmis, relèvent tout à fait du genre Imaginaire », indique l’étude. 

 

Bien entendu, avec une telle confusion, on comprend que les avis soient divisés, et les motifs tant d’adhésion que de rejet deviennent obscurs. Imaginaire, cela finit par vouloir tout et rien dire. Cependant, en référence à un précédent sondage mené en 2015, le réseau Babelio indique que les lectures classées Imaginaire ont augmenté dans les piles de livres de leurs membres. 
 

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Majoritairement, les hommes se tourneraient à 77 % vers la science-fiction et les femmes plutôt vers le fantastique à 66 %. Mais la majorité des lecteurs apprécie les différents genres : dans l’imaginaire, on a ses chouchous, mais on se montre plutôt curieux. Pour autant, il reste important qu’une distinction de sous-genre soit effectuée et que l’on parle de fantasy, de science-fiction ou de fantastique. 

 

Et chose intéressante : les lecteurs sont à 66 % attirés vers les one-shot, mais 62 % aiment aussi les sagas. Ce n’est ainsi pas pour rien que l’on retrouve dans le top trois des ouvrages qui ont fait découvrir le genre, Harry Potter, Le Seigneur des Anneaux et La nuit des temps de Barjavel. Frank Herbert, Orwell, Aldous Huxley mais également Antoine de Saint-Exupéry, Asimov et Ray Bradbury suivent juste après...

 

Dans l’ensemble, les auteurs anglo-saxons mènent la danse dans l’esprit des lecteurs : le genre est dominé par ces écrivains britanniques ou américains. D’ailleurs, un lecteur sur quatre bascule occasionnellement vers la version originale du livre. Et comme toujours, les adaptations au cinéma participent grandement à faire découvrir les genres. 
 

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Sans trop de surprises, on découvrira que les lecteurs restent peu attachés aux maisons d’édition – probablement plus que dans la littérature classique. 31 % ont tout de même leurs chouchous : Bragelonne, L’Atalante et Folio SF ont les faveurs... 

 

Pas très difficile à comprendre : il n’y a pas nécessairement une prédominance de l’achat des livres en format poche, pour les lecteurs, mais ils affichent clairement une progression de leurs achats en numérique. De ce point de vue, Bragelonne a déjà démontré son savoir-faire.


 

Octobre, mois de l'Imaginaire, la littérature de demain