L'immeuble Yacoubian diffusé gratuitement, l'auteur veut porter plainte

Clément Solym - 29.10.2010

Edition - Justice - israel - gratuite - palestine


Le livre d'Alaa al-Aswany, auteur égyptien L'immeuble Yacoubian, est au centre d'une vive polémique emmenée par le romancier lui-même. L'enjeu ? La gratuité du texte offerte par le Centre de recherche Israël/Palestine pour la recherche et l'information (IPCRI).

Les adhérents du Centre ont en effet reçu un intéressant email, proposant aux « lecteurs hébraïsants le rare privilège de lire le roman égyptien à succès L'immeuble Yacoubian par Alaa Al-Aswany ». Le tout gratuitement, alors même que l'auteur « a refusé la traduction du livre en hébreu en Israël », stipule clairement le courriel.

Cependant, dans une volonté de bien faire, le Centre a décidé d'expédier en pièce jointe le livre intégralement traduit, afin « d'étendre la sensibilisation et la compréhension culturelles dans la région », rapporte l'AFP. Cependant, si le texte est gratuitement mis à disposition des adhérents, il n'en reste pas moins interdit à la reproduction, la photographie ou l'impression - et moins encore un usage commercial, explique le Centre.

Pour l'auteur, la chose est simplement scandaleuse. Contacté par l'AFP, il fulmine : « Ce qu'ont fait ce centre et le traducteur, c'est du piratage et du vol et je vais porter plainte auprès de l'Union internationale des éditeurs. » De sont côté, le codirecteur de l'institution, Gershon Baskin n'a pas souhaité faire de commentaire.

Dans un entretien accordé au Figaro, peu avant le Salon du livre de Paris 2008, qui avait alors fait d'Israël l'invité d'honneur, le romancier était déjà hors de lui. « Je suis très choqué, car la France est depuis deux siècles un pays très important sur le plan culturel pour les Égyptiens, ce n'est pas la France que je connais. » Et d'ajouter : « Inviter un pays coupable de crimes contre l'humanité est une faute très grave. »

Et aujourd'hui, son discours n'a pas changé : « Ma position ne change pas quant à la normalisation avec Israël : je la refuse complètement. » Représentatif des intellectuels d'Égypte, qui rejettent la normalisation avec Israël, le pays est le premier dans le monde arabe à avoir ratifié un traité de paix.