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L'impact du piratage sur les ventes légales

Julien Helmlinger - 04.04.2013

Edition - International - Piratage - Impact - Ventes


Si la croyance populaire veut que le piratage ait causé la fin de l'industrie de la musique et risquerait désormais de perdre celle du livre, le Centre commun de recherche de la Commission européenne a publié les résultats d'une enquête qui nuancerait l'effet néfaste de la fraude sur les marchés. Focalisée sur la consommation de musique, l'étude n'est toutefois pas inintéressante pour qui s'intéresse au secteur de l'édition littéraire, à l'heure du numérique. Le piratage d'ebooks, véritable fléau ou bien simple superstition ?

 

 

 

 

L'étude s'est intéressée à ce sujet d'actualité, à savoir l'impact du piratage sur les marchés, débat qui ne peut à ce jour s'appuyer sur aucune véritable théorie économique. Et selon le rapport qui en découle, le piratage d'un fichier de musique ne se substituerait pas à un achat légal en format numérique, et les activités des pirates ne seraient donc pas les causes principales du déclin du marché.

 

Quand les chercheurs ont souhaité déterminer quelles circonstances auraient conduit un internaute à acquérir légalement un bien qui a été piraté, ils en sont arrivés à la conclusion que le consommateur ferait son calcul en comparant la valeur perçue d'un bien par rapport à son prix de vente.

 

Finalement, le déplacement des ventes vers la sphère du piratage se vérifierait uniquement dans les cas où le client potentiel estime que le produit est tarifé au-dessous de sa valeur réelle. Dans le cas contraire, le consommateur n'aurait pas été tenté par l'achat.

 

Ainsi, l'étude révélerait complémentarité plutôt faible entre ces deux canaux consommation de la musique, et qu'en outre la consommation de fichiers via une offre de streaming légale aurait un impact plus conséquent sur le marché d'un bien numérique, et stimulerait les ventes.

 

Et pour le livre numérique

 

Si fichier de musique et ebook sont différents à bien des égards, les deux produits dématérialisés sont néanmoins similaires en leur qualité de « biens d'expérience ».

 

Et concernant le partage illicite de fichiers, le rapport indique que la pratique peut également servir à certains acheteurs potentiels en quête d'information ou d'avant-goût d'un produit pouvant conduire ensuite à une décision d'achat. Des titres piratés pourraient donc avoir un effet prescripteur inattendu.

 

Par ailleurs, les maisons du Big Six de l'édition se plaignent d'un risque de déplacement des ventes de livres numériques qui pourrait être causé par un éventuel renforcement de l'offre de prêt en bibliothèques. Comme si l'offre du bibliothécaire ressemblait à celle du pirate. Pourtant, le service de prêt ressemble davantage dans son fonctionnement à une plateforme de streaming, aux effets supposés positifs sur les ventes.