L'imprimerie se porte bien en Pologne, la lecture peut-être moins...

Clément Solym - 25.06.2018

Edition - Economie - Pologne industrie imprimerie - éditeurs difficultés économiques - lecture livres Pologne


Les Polonais se passionnent pour la lecture, apprend-on, au point que l’industrie de l’imprimerie soit florissante. L’approche numérique facilite d’ailleurs les questions de trésoreries, et l’ebook, en dépit du désintérêt d’Amazon, commence à pointer le bout de son nez. En revanche, côté délais de paiement...

 

Warsaw as seen from the Palace of Culture and Science
Jorge Lascar, CC BY SA 2.0

 

Près de 40 % des Polonais lisent au moins un livre par an, et, bien que ce niveau puisse sembler bas, les achats augmentent. Ainsi, un habitant sur 10 lit 7 livres ou plus par an. D’ailleurs, la production a suivi le mouvement, et depuis 1991, elle a presque triplé. Tout ce qu’il faut de conditions réunies pour assurer à l’imprimerie une bonne conjoncture. 

 

Or, la difficulté vient d’une diffusion moyenne en baisse, ce qui justifie le recours au numérique, bien moins cher à produire. 

 

Dans l’étude Ruch Wydawniczy w Liczbach (L’édition polonaise en chiffre), on découvre la situation de l’industrie. En 2017, on comptait 36.200 titres disponibles et, malgré des diminutions substantielles entre 2004 et 2008, le taux de lecture se maintient. 

 

 Waldemar Lipka, président de Kompap, l’une des plus grandes industries de l’impression dans le pays (usines graphiques et imprimeries), rappelle quelques évidences : « Le nombre de livres et le taux de lecture sont des questions distinctes. » Car après tout, ce qui importe, ce sont le papier et l’encre vendus, pas le contenu.

 

Dans le pays, les petits tirages représentent le plus grand défi : en 2010, on tablait sur 5700 exemplaires en moyenne, quand, en 2014, elle a diminué à 3200. À ce jour, un tirage moyen tourne autour de 2500 exemplaires. Mais la grande majorité des livres tourne autour de 1000, voire moins – seuls quelques grands noms font remonter les chiffres avec 100.000 exemplaires imprimés. 

 

À ce titre, l’édition numérique s’accommode bien de la situation : pour des ouvrages tirés entre 200 et 300 exemplaires, voire 5000 exemplaires vendus, c’est une manne. Non seulement les coûts de stockage disparaissent, mais, surtout, les problématiques de diffusion sautent. Et l’évolution ne va pas vers une inversion de la tendance. 

 

Dans les tirages moyens de 1000 exemplaires, les éditeurs ont pris l’habitude de réimprimer entre 100 et 300 exemplaires, justement pour se maintenir dans un constant approvisionnement. 

 

Mais alors, si l’imprimerie tourne bien, en termes de productions, d’où viennent les difficultés ? Simple : les retards de paiements et l’économie parfois mauvaise des éditeurs. Bisnode Poland a ainsi mené une étude, montrant que le pays était passé de 44 % de ses éditeurs dans une situation difficile, à 53 %. 

 

Une autre enquête de BIG InfoMonitor pointe que 5,4 % des éditeurs et 3,7 % des libraires ont des dettes vis-à-vis de leurs partenaires commerciaux et de leurs banques.  

 

via Investor




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