L'indépendance de l'Écosse n'arrangerait pas ses affaires littéraires

Antoine Oury - 27.08.2014

Edition - Economie - indépendance Écosse - Jonathan Falla SoAiS - Society of Authors Scotland


Les débats politiques quant à l'indépendance de l'Écosse contemporaine remontent déjà aux débuts de l'année 2013. Le premier ministre, Alex Salmon, avait alors fait part d'un désir grandissant d'indépendance du pays par rapport au Royaume-Uni. Quelques écrivains, comme Ian McEwan ou Alasdair Gray, l'ont rejoint, mais les institutions et les professionnels du livre, éditeurs et libraires, s'inquiètent. 

 

 

 

Plusieurs menaces ont déjà été identifiées, et mises en avant à l'approche du référendum sur l'indépendance du pays, ouvert hier jusqu'au 18 septembre prochain. Parmi celles-ci, l'instauration d'une TVA sur le livre effraie tout particulièrement : l'Écosse bénéficie actuellement du taux zéro qui s'applique aux livres, mais son indépendance pourrait la conduire à appliquer une taxe de 5 %, au minimum, selon les recommandations de Bruxelles.

 

Jonathan Falla, trésorier de la Society of Authors écossaise, estime de son côté que l'indépendance rendrait encore plus délicate la promotion du livre et de la lecture dans la nation celtique. « Je ne vois aucune raison valable selon laquelle l'indépendance améliorerait les choses. Il est déjà difficile pour les auteurs écossais d'obtenir l'attention de la Grande-Bretagne, et je n'imagine pas que la situation s'améliorera avec une nouvelle barrière entre nous et Londres », explique l'écrivain à TeleRead.

 

Cette même situation, dans le secteur du livre, s'est aggravée pour les éditeurs, qui ne bénéficie plus d'aides financières globales de la part de l'Arts Council : les subventions sont désormais accordées selon les projets présentés. Mais, avec des éditeurs à court de liquidités, ces derniers se sont amenuisés au fil des mois.

 

Par ailleurs, sur le plan de la création, Jonathan Falla craint un repli communautaire de la part des Écossais, alors qu'il avoue avoir été surpris par la vivacité d'un « sentiment anti-Anglais » qu'il croyait disparu. L'isolement pourrait aboutir sur une culture fermée, peu encline à se renouveler, explique-t-il encore.