L'industrie de l'édition : désireuse de diversifier les profils d'auteurs publiés

Orianne Vialo - 11.07.2016

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Ce n’est plus un secret : la diversité dans le secteur de l’édition n’est pas au beau fixe et Claire Malcolm, directrice générale de la société New Writing North — une entreprise souhaitant développer la lecture et l’écriture dans le nord de l’Angleterre n’a pas manqué de le rappeler lors du Northern Talent Summer Salon du 7 juillet dernier. Ce colloque réunit chaque année des agents littéraires, des éditeurs, des producteurs de films et des écrivains, dans le but de lancer ces derniers dans le monde de l’édition. 

 

(Domaine public)

 

 

« Nos vingt ans d’expérience dans le développement et la promotion de la littérature signifient que nous avons les compétences pour construire des programmes, qui peuvent s’adapter à toutes les communautés, pour trouver et aider de nouveaux écrivains. Grâce à notre travail, nous pouvons offrir un soutien soutenu et personnel, souvent nécessaire pour des auteurs de talent, nouveaux dans le milieu et prêts à faire face à l’industrie » engage Claire Malcolm.

 

Sur son site internet, la société New Writing North présente d'ailleurs ses objectifs comme suit : 

 

Nous sommes chargés de la recherche pour développer stratégiquement la littérature comme une forme d'art, et sommes chargés de soutenir les écrivains talentueux. Nous le faisons à la fois par le biais de systèmes d'accès ouverts tels que des concours, des programmes de développement et par le soutien individuel et des projets avec des écrivains. 

 

 

Pour la PDG, il est indispensable qu’il y ait plus de diversité dans l’édition. Et pour ce faire, elle n’hésite pas à solliciter les autres acteurs du milieu, tels que les agents littéraires ou encore les éditeurs à prendre part à ce projet, grâces aux journées comme la Northern Talent Summer Salon, qui permet autant aux éditeurs qu'aux auteurs d'échanger et de se rencontrer.

 

Grâce à l’intégration d’écrivains venant de milieux différents, la New Writing North souhaite que le secteur de l'édition puisse être en mesure de promouvoir des auteurs, quels que soient leurs origines, leur couleur de peau ou même leur milieu social. 

 

Selon elle, l'industrie est « désireuse de découvrir et de produire plus d'écrivains de couleur, plus de voix de la classe ouvrière, plus de diversité et de gammes d'expériences ». C'est pourquoi la New Writing North reçoit un financement du Conseil des Arts d'Angleterre depuis 2012, ce qui les aide à porter toujours plus loin et plus haut leurs différents projets. 

 

 

 

Encore un grand pas à faire pour plus de diversification dans l'édition 

 

Malgré tous les efforts qui sont faits dans ce sens, l'on remarque que le monde de l'édition promeut majoritairement les mêmes types de profils d'écrivains. Ainsi, en France, l'auteur français a 55 ans, signe de son vrai nom et est (probablement) un homme. Ce portrait-robot a été défini à la suite de la publication du rapport de l'Observatoire du dépôt légal pour l'année 2015, divulgué par la Bibliothèque nationale de France (BnF) en juin dernier. 

 

Il y est précisé que la répartition homme/femme pour les auteurs publiés est de 2/3 pour 1/3, soit 63,5 % d'hommes pour 36,5 % de femmes, soit une écrasante majorité d'auteurs masculins publiés en France. D'ailleurs, cela se retrouve également lors des distinctions et remises de prix littéraires. En novembre 2015, le collectif La Barbe avait rappelé que 101 lauréats du Goncourt sur 112 furent des hommes, et n'avait pas manqué d'ajouter qu'il existe aussi des femmes auteures. Elles avaient appuyé leurs propos en mentionnant que dans les chiffres de la rentrée littéraire 2013, l'on comptait 72 % d’hommes chez Grasset, 81 % chez Seuil et 82 % chez Gallimard. 

 

via The Bookseller