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L'industrie de l'édition est-elle trop snob pour les goûts de la majorité des lecteurs ?

Antoine Oury - 30.08.2019

Edition - Société - industrie edition - livres snob lecteurs - capital crime festival


Particulièrement en période de rentrée littéraire, les chroniques, publicités sur les réseaux sociaux et autres récompenses diverses et variées vont propulser certains ouvrages sur le devant de la scène. Mais ces titres mis en avant par l'industrie du livre sont-ils snobs, aux yeux de la plupart des lecteurs ? Outre-Manche, une étude semble déceler un certain décalage entre les uns et les autres...

Foire du Livre de Londres 2019
(photo d'illustration, ActuaLitté, CC BY SA 2.0)


Une enquête menée auprès d'un peu plus de 1000 personnes, au Royaume-Uni, révèle que 72 % des interrogés, lecteurs réguliers, ressentent un certain snobisme de l'industrie de l'édition, dans la manière dont les livres sont mis en avant. 65 % d'entre eux déclarent également préférer la fiction « commerciale », par rapport à la fiction « littéraire », sans que ces catégories ne soient explicitées plus avant.

Une perception similaire semble s'être installée aussi vis-à-vis des prix littéraires : 47 % des interrogés affirment qu'ils seront moins susceptibles de choisir un livre sélectionné pour une récompense. Autrement dit, ces dernières auraient perdu leur dimension prescriptrice pour se retrouver à produire l'effet opposé... Cela dit, 34 % se disent toujours mis en confiance par le fait qu'un livre ait reçu un ou plusieurs prix.

20 % des interrogés ne fréquentent pas les bibliothèques, et 40 % achètent leurs ouvrages sur Amazon : malheureusement, aucune description sociologique des répondants n'a été réalisée, semble-t-il, par l'étude.

Plus préoccupant, 38 % des femmes interrogées ont déclaré avoir été critiqués pour leurs choix de lecture, jugés trop commerciaux, quand 32 % des hommes ayant répondu ont aussi connu cette mauvaise expérience. Toutefois, ils ne précisent pas d'où provenaient ces critiques.
 
L'étude a été commandée par le festival consacré au polar Capital Crime, ouvert du 26 au 28 septembre prochain à Londres. « Ces statistiques sont choquantes », souligne Adam Hamdy, auteur et coorganisateur du festival, qui a signé l'étude. « Lire est l'une des occupations préférées des Britanniques et l'industrie du livre pointe du doigt leurs choix de lecture », poursuit-il, cité par The Bookseller.

Le festival assure qu'il souhaite promouvoir la lecture avant tout, peu importe les ouvrages lus ou préférés par les uns et les autres. Capital Crime s'est déjà fait remarqué par l'industrie de l'édition britannique en proposant un prix littéraire sponsorisé par Amazon : critiquer la multinationale de Jeff Bezos serait-il aussi faire preuve de snobisme ?


Commentaires
La presse littéraire ne s'intéresse qu'au choix des influenceurs qui appartiennent très souvent au monde de la communication qui eux-mêmes se contentent, d'incliner leur auguste tête vers des auteurs-maison, choisis pour des raisons pas toujours objectives et litteraires et des livres chaudement reccomandés.

On a beau dire, la littérature obéit à des règles très objectives. Mais le réseautage, les objectifs commerciaux et le désir puissant de ronronner dans le même milieu, de ne pas renoncer à ses habitudes et de faire plaisir à Pierre, Paul ou André qui est d'un goût sûr, qui vient de dégotter une ou un de ces...

Je ne parle pas des magouilles, des marigots et des règlement de compte...

Heureusement, écrire est une passion, et les prix littéraires, malgré leur importance n'ont jamais ébranlé un écrivain authentique qui n'est pas obnubilé par son ego et son désir de se faire connaître.

Le livre parle à la place de l'écrivain.

Il y a les Éphémères et les écrivains qui passent à la postérité.
Que les lecteurs préfèrent la fiction populaire à la fiction oligarchique me paraît plutôt sain.
Il y a en France plus de prix que de nouveautés à la rentrée de septembre...
J'ai fait la constat Que la qualité d'une oeuvre littéraire n'est pas un critère prépondérant pour obtenir un prix littéraire. la notoriété dont jouit un ecrivain contribue à faire de son produit une belle oeu.vre .Laquelle parfois n'est pas ce que les critiques littéraires pretendent. Trop de subjectivité. On ne s'interessent pas suffisamment aux créations littéraires des nouvelles plumes. La ligne éditoriale est, selon mon point de vue une sorte de censure déguisée. Le monde de la littérature est cruelle , aimerais - je ajouter. Mes salutations.
Djamila, je suis tout à fait d'accord avec vous.
La plupart des grands lecteurs, de ceux qui parlent de leurs lectures sur les réseaux sociaux, des blogueurs, instagrameurs... aiment qu'on les surprenne, qu'on leur ouvre de nouveaux horizons, qu'on les sorte des histoires rabâchées cent fois. Ils sont en décalage avec ce que les médias poussent en avant, toujours les mêmes, et qui en plus n'ont pas besoin de publicité pour être achetés.

Actuellement, Bérengère Cournut fait l'unanimité chez ceux qui l'ont lue. Qui en parle ?
À signaler aussi "Julien le Bienfaiteur" de Gilles Gérardin (Eyrolles) en7ème position sur les 15 livres du classement "Les lecteurs en parlent" du 06.08.2019. Les bookstagrammeuses adorent, la critique littéraire l'ignore.
Le Figaro l'a déjà annoncé (peut-être par erreur) comme lauréate du Prix Fnac 2019 dont elle est finaliste.
Pour obtenir un prix littéraire, faire des festivals, être en "coup de cœur du libraire", être critiqué, il faut être chez un "gros" éditeur. Ite Missa est…
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