L'industrie du livre en difficulté ? "C'est complètement faux" (Tom Weldon)

Clément Solym - 08.04.2014

Edition - International - Penguin Random House - Marché du livre - Secteur de l'édition


La Foire du livre de Londres ouvre ses portes, et Tom Weldon, qui dirige la branche UK de Penguin Random House donne de la voix dans le Guardian. « Les éditeurs ont réussi la transition numérique mieux que toutes les autres industries médiatiques ou du divertissement », assure-t-il. Et un peu plus long : « Certains disent que l'édition est en difficulté. Ils se trompent complètement. » Voilà qui est clair, et bien arrêté.

 

 

 

 

Tom est sceptique : la crise du livre, tant de fois brandie, ne serait qu'un cliché qui a la peau dure. C'est certain, les librairies indépendantes ferment, les auteurs gagnent mal leur vie, les 60 % des 18 - 30 ans préfèrent les DVD aux livres. Mais tout cela n'est qu'une idée. Pour preuve, les sociétés Penguin et Random House, avant leur fusion, ont réalisé, en quatre années, les meilleurs résultats financiers de son histoire. 

 

« C'est une triste réalité de la vie qu'il se trouve moins de librairies physiques qu'il n'y en avait », reconnaît-il. Mais les éditeurs ont pour obligation de parvenir à capter l'attention de leurs lecteurs : « Le défi n'est pas numérique : il est de savoir comment vous annoncez aux gens la sortie du nouveau livre. » Non seulement, la recommandation, mais également la capacité à attirer l'attention de gens, et de titiller leurs centres d'intérêt. 

 

Si aujourd'hui, Amazon tente la prescription par algorithmes, en fonction des historiques de recherche et d'achats, Weldon envisage le côté plus humain des éditeurs - et notamment le besoin d'apprendre à mieux cerner les lecteurs. Leurs envies, leurs goûts : il faut donc partir à la découverte des lecteurs, et établir une relation directe avec eux, « pour leur parler des livres dont ils pourraient tomber amoureux ». 

 

Autrement dit, passer par les réseaux sociaux, et cultiver sa présence sur la Toile. « Nous pourrions raconter nos histoires de différentes façons, que ce soit des livres, des ebooks, ou des applications, des jouets, des vêtements. Nous développons une gamme plus large autour de la propriété intellectuelle, et nous l'exploitons », assure-t-il. Avec 700.000 followers sur Twitter, on peut d'ores et déjà dire qu'une partie du travail est bien réalisée. 

 

La réalité est qu'effectivement, le chiffre d'affaires de l'édition reste stable, et que, si les grands lecteurs sont moins nombreux, on retrouve suffisamment de best-sellers dans les catalogues fusionnés de Penguin Random House pour assurer des revenus réguliers et forts. Mais on sent bien dans ce discours des relents d'optimisme effrénés : les nuages existent. 

 

Sauf que Weldon est devenu le porte-parole de l'un des plus gros groupes éditoriaux de l'instant, au niveau mondial. Et qu'effectivement, plus on est gros, plus la vie, en regard de celle des tout-petits, est confortable.

 

 

(via TheGuardian