L'industrie du livre profite d'un premier semestre en hausse

Clément Solym - 04.09.2011

Edition - Economie - vendre - livres - librairie


Dans le contexte actuel, les produits culturels ont tous connu une chute des ventes. Sauf le livre. Qui depuis le début de l’année 2011, et sur les sept premiers mois continue de progresser. D’un côté, 1,9 % en volume de mieux, et 0,9 % en valeur, en regard de 2010...

L’institut de sondage Ipsos fait un état des lieux assez intéressants, montrant que fin juillet, les cyberlibraires étaient les moteurs de la croissance, avec les grandes surfaces spécialisées. Pour les libraires du net, le chiffre d’affaires se monte à 18,9 % de mieux, « pour peser à fin juillet près de 10% des ventes en valeur ».

En revanche, la librairie et la grande distribution font grise mine « dont le chiffre d’affaires sur le livre baisse respectivement de -1,3% et -4,7% ». Chose amusante, l’Institut estime que c’est « un mois de juillet pluvieux » qui a fait augmenter les ventes, puisque durant la période, on constate un +4,8 % en volume et 4 % en valeur.


À l’exception du marché du pratique et des cartes routières, tous les marchés affichent en juillet des ventes en hausse (en volume et en valeur).

Le marché de la littérature générale notamment (romans et essais), a vu son chiffre d’affaire sur le mois progresser de 5 % par rapport à l’année précédente sur le grand format et de 4 % sur le poche. Un niveau jamais atteint depuis ces 5 dernières années sur un mois de juillet.

Un premier semestre globalement à la hausse


Au cours des sept derniers mois, ce sont les essais qui
tirent plus que les autres leur épingle du jeu (21 % en volume et 6 % en valeur). Évidemment, les petits livres du type celui de Stéphane Hessel, ont largement propulsé le marché.

Du côté roman, c’est le genre policier qui connaît la plus forte augmentation, avec 5 % en volume. Et côté Poche, le chiffre d’affaires a augmenté de 1,5 % durant le premier semestre.

Grande et belle nouvelle, la BD a également connu une hausse, avec un CA de 5,9 % supérieur - en revanche en volume, la hausse n’est que de 1 %. Le CA en hausse est donc à chercher du côté de l’augmentation du prix moyen de vente.

« Après un très mauvais premier semestre 2010, les ventes de mangas sont reparties à la hausse (+4% en volume) sans pour autant retrouver le niveau des années antérieures. Sur les mangas également, les éditeurs ont commencé à augmenter les prix (+4% à fin juillet) », détaille également Ipsos.

Parascolaire et guide de voyage, jeunesse : beau fixe

À la fin juillet, le parascolaire connaît une hausse de 9,5 % en valeur - cette période de l’année est toujours propice à ces ventes. Et géopolitique oblige, les guides de voyages pour des destinations vers les pays arabes ont largement chuté, même si le pourtour méditerranéen a compensé les ventes, au point d’arriver à 2,9 % de hausse.

Enfin, le secteur jeunesse est à l’image des résultats de Hachette Livre, avec la fin de l’ère Stephenie Meyer. Une baisse donc, mais partielle : elle « est en effet compensée par la progression des livres d’activités (+9 % en volume), des albums (+4 % en volume) et de la littérature poche (+3 % en volume) ».

Enfin, livres pratiques, pas si pratiques


Santé bien-être prend une claque, avec un recul de 21 % du CA, notamment avec la fin de la période Dukan et de son régime miracle. « Concernant les ouvrages de cuisine, la baisse des ventes (-5 % en valeur) est particulièrement marquée dans les librairies indépendantes. Celles-ci semblent en effet s’être désengagées de ce marché, en oubliant peut-être un peu vite que ce type d’ouvrages est susceptible de leur attirer une nouvelle clientèle. »