L'industrie du tabac, un passé fumeux, des médecins complices

Clément Solym - 26.02.2012

Edition - Les maisons - tabac - industrie - dangers


Les ravages de la cigarette sont connus, mais Robert Proctor, un historien des sciences, âgé de 57 ans, vient d'en rajouter une couche. Il a décidé de publier un livre, Golden Holocaust, que toute l'industrie du tabac a tenté de faire interdire.


Le cancer du poumon, de la gorge et toutes les maladies provoquées par le tabac n'ont pas toujours suscité l'intérêt ni les questions des médecins.

 

 

 

Dans son ouvrage, Proctor explique comment des sociétés telles que Philip Morris ont recruté des médecins de l'université de Columbia, ou encore de Pennsylbanie, pour assurer la promotion de leurs produits.

 

Dans les campagnes de publicité, Lucky Strike assurait « la meilleure des saveurs, et une protection de la gorge », quand Old Est invitait à demander à son dentiste pourquoi leurs cigarettes étaient bonnes pour les dents.

 

Au travers de 750 pages, le livre promet de faire scandale.

Réfléchir au tabac donne le vertige et la nausée. Chaque année, il se produit suffisamment de cigarettes pour emplir 24 pyramides de Khéops. Leur combustion déposera quelque 60 000 tonnes de goudron au fond de poumons humains. On peut aussi aborder la question en se demandant ce que l'homme a inventé de plus inutilement dangereux pour lui-même : rien. « La cigarette, résume Robert Proctor, est l'invention la plus meurtrière de l'histoire de l'humanité. »


Il y a d'autres chiffres, d'autres calculs. « À chaque million de cigarettes fumées au cours d'une année, il y aura un mort prématuré dans les vingt-cinq ans qui suivent. C'est une loi qui est valable à peu près partout », constate Robert Proctor. Cette macabre règle de trois a des applications inattendues. Comme celle de savoir combien de morts ont causé les mensonges des hauts cadres de "Big Tobacco".

 

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