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L’intelligence artificielle et les robots au service de la lecture

Elodie Pinguet - 19.01.2017

Edition - International - robot lecture - robot humanoïde - intelligence artificielle


Pepper, le robot humanoïde lancé par SoftBank et développé par la société française Aldebaran, est récemment devenu le nouvel employé de la bibliothèque Dudley Denis City, dans le nord de Queensland en Australie. Il agit comme un véritable ambassadeur de la bibliothèque publique. C’est l’occasion de faire d’un tour d’horizon des diverses intelligences artificielles au service de la littérature.

 

Robot Pepper, Photo d'illustration (Dick Thomas Johnson, CC BY 2.0)

 

 

Nom de code : Pepper, voilà un robot qui ne manque pas de piquant. À la Dudley Denis City Library il est devenu une véritable star, qui ne cesse d’étonner les visiteurs. En Australie, deux de ces robots humanoïdes commercialisés depuis 2015 ont passé les frontières. La bibliothèque en a acquis un, un véritable Australien à roulettes.

 

Du haut de ses 1m20, leur Pepper sait danser, jouer à plusieurs jeux et raconter des récits historiques. D’après la bibliothécaire Jaala Beauchamp, « il a des comportements et des caractéristiques qui sont comme les humains. Il utilise ses mains et ses bras comme langage corporel quand il parle ».

 

Mais, plus qu’une source de divertissement, le robot est là pour véhiculer un message fort : « Notre Pepper est un ambassadeur de la bibliothèque, il apporte à l’esprit des gens qu’une bibliothèque est plus que des livres. »

 

Apparemment ce n’est pas le seul aspect futuriste qu’on peut trouver dans les bibliothèques publiques : « Bien qu’il y ait encore des livres disponibles, un bon atout des bibliothèques, les bibliothèques publiques ont été impliquées dans la robotique, le codage, les programmes pratiques depuis longtemps. »

 

Cependant la capacité émotionnelle de Pepper reste peu exploitée dans une bibliothèque. En effet celui-ci est capable de décrypter les humeurs et émotions en fonction de notre façon de parler. D’après le site du constructeur, c’est un robot qui évolue avec son utilisateur, puisqu’il mémorise ses goûts, ses habitudes et ses traits de personnalité. Mais dans une bibliothèque, avec le nombre de personnes différentes, c’est un challenge difficile. 

 

Il garde malgré tout une formidable capacité d’apprentissage grâce à sa connexion à internet. Il peut ainsi continuellement créer la surprise auprès des visiteurs. Bien entendu, il n’est pas question de remplacer les bibliothécaires par des robots, le contact humain restant un facteur important d’après la bibliothécaire.

 

Ainsi Pepper œuvre pour la diversité des bibliothèques. Non, ce n’est pas seulement un espace où s’entassent une infinité de livres attendant désespérément d’être lus, il y a de la vie et vous pourrez y découvrir de nouvelles choses : « Une bibliothèque, c’est tellement plus qu’un simple livre ou un journal. »

 

L’IA autour du monde

 

Pepper n’est pas le premier robot a mettre les roues dans une bibliothèque. Déjà en 2014, deux autres robots développés par Aldebaran, NAO Evolution, avaient été acquis par une bibliothèque dans le Connecticut. Des robots au service de l’humain, qui par leur capacité émotionnelle et leur petite taille permettraient de sensibiliser les enfants, notamment les autistes, à la découverte de l’autre.

 

Si Pepper dispose également de cette capacité émotionnelle très développée, puisqu’il peut détecter nos émotions selon notre comportement et ainsi adapter le sien, il n’a pas encore été utilisé à des fins thérapeutiques, mais garde une certaine fonction de divertissement. Pour cette fonction d’assistance, le groupe développe actuellement un nouveau robot, Roméo, qui serait spécialisé dans l’aide à la personne.

 

Cette année, Asus se lance dans la course à la robotique avec Zenbo, un petit être mécanique avec une expression faciale exceptionnellement mignonne. En plus d’être connecté à internet et de répondre à l’utilisation, il pourrait raconter des histoires de façon interactive, avec une image et du mouvement. Voilà qui pourrait convertir les enfants au plaisir de la littérature. Son prix de lancement est envisagé autour de 600 €. Mais on ne sait pas combien d’histoires seront incluses avec l’appareil.

 

 

 

Un autre robot 100 % français avait également fait sensation il y a quelques années. Il s’agit d’Aria une humanoïde développée chez Cybedroïd. Suite à un accord avec la Bibliothèque nationale de France, elle avait animé en 2013 la conférence « Petite histoire des robots » en récitant des poèmes d’après ce qui avait été pré-enregistré dans sa mémoire.

 

Outre les robots, des intelligences artificielles non physiques sont également développées. On pense évidemment aux Chatbots, ces moyens de discussion virtuelle bien connus. Une agence numérique, BAM Moblie a ainsi créé un service à destination des éditeurs ou des auteurs, appelé AuthorBot. Utilisant les plateformes habituelles comme Messenger, il est possible d’interagir avec une version virtuelle de l’auteur ou du livre, de façon à créer un semblant de conversation. Voilà une nouvelle façon d’appréhender un livre, en adéquation avec les mœurs actuelles.

 

Sur le papier, ces intelligences artificielles semblent représenter l’avenir de demain, à l’image d’un monde où la technologie semble animée d’une personnalité qui lui est propre. Mais n’oublions pas, derrière chaque machine, aussi réelle qu’elle paraît, se trouvent des hommes qui la programment, lui apportent du contenu. L’ère où les robots apprendront par eux-mêmes n’est pas encore arrivée, ils peuvent seulement se contenter du contenu que nous voulons bien leur injecter.

 

 

 

L'intelligence artificielle au service du livre et de la lecture