L'Iran annonce une relâche dans sa politique de censure

Julien Helmlinger - 22.10.2013

Edition - International - Iran - Censure - Janati


Au rang des réformes politiques et culturelles promises par le nouveau président iranien, Hassan Rohani, les cas de certains livres censurés en Iran feront l'objet d'un nouvel examen et pourront éventuellement être publiés. Allant en ce sens,  son ministre de la Culture, Ali Janati, a annoncé la nouvelle ce lundi en réaffirmant sa volonté de rompre avec le mandat du conservateur Mahmoud Ahmadinejad.

 

 

 (Örlygur Hnefill, CC by 2.0)


 

La censure culturelle iranienne s'applique non seulement sur les livres, mais aussi les films, l'accès à internet ou aux autres médias, qui doivent être « conformes » au code de moralité de la République islamique. 

 

Tandis que les éditeurs locaux dénoncaient le contrôle strict des ouvrages sous le mandat d'Ahmadinejad (2005-2013), le ministre Janati, relayé par l'agence officielle Irna, a annoncé : « Ces livres soumis à la censure ou qui n'ont pas eu l'autorisation de publication dans le passé seront de nouveau examinés et de nouvelles décisions seront prises. »

 

Le nouveau président Hassan Rohani a été élu, au cours du mois de juin, avec le soutien d'une coalition de modérés et réformateurs. En conséquence de quoi il a promis des réformes, et notamment dans la libéralisation politique et culturelle du pays.

 

Selon le ministre, les cas des éditeurs ayant été interdits d'activités seront également réexaminés et ces profesionnels pourront éventuellement reprendre leur travail à la condition toutefois d'être en règles avec la nouvelle administration politique. Est annoncé en outre davantage de liberté pour la presse comme l'édition, ainsi qu'une « ambiance plus légère pour les écrivains et les penseurs », une approche « différente du passé et ses résultats seront visibles progressivement ».


A noter que dans un autre média moins officiel, Janati moquait récemment le Comité de surveillance des livres, l'organe de censure de son ministère, sous le gouvernement Ahmadinejad :  « Si le Coran n'avait pas été envoyé par Dieu et nous l'avions remis aux censeurs, ils n'auraient pas délivré l'autorisation de le publier et auraient fait valoir que certains des mots qu'il contient sont contre la vertu publique. »