Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

L'odeur du Book victime d'une "opération de résorption de l'habitat indigne"

Nicolas Gary - 30.06.2013

Edition - Librairies - L'odeur du book - librairie - Montmartre


Le libraire de Montmartre avait tiré la sonnette d'alarme : la mairie du XVIIIe allait l'exproprier, suite à la décision de la Ville que d'entamer une procédure d'éviction. « Aucun dispositif de relogement n'a été envisagé et la proposition d'indemnités d'éviction est honteusement dérisoire », clamait le libraire, qui interpellait les pouvoirs publics, et les élus, pour que chacun prenne ses responsabilités. C'est chose faite. 

 

 

 

 

Alors que les libraires sont bien détenteurs du bail commercial, ils ne sont pas propriétaires des murs, lesquels sont, dans l'ensemble de l'immeuble, en mauvais état. « Les habitants sont relogés », explique Morena Negri, la cogérante, mais cette option n'a pas été retenue pour eux. Au lieu de ça, l'offre de la municipalité « suffit à peine à la location d'un box pour un an ». Loin des montants qu'ils ont connus en s'installant il y a dix ans, les libraires ont peu d'alternatives pour rester dans le quartier.

 

Or, dans un courrier de ce 27 juin, la mairie du XVIIIe vient de réagir, et fait parvenir une réponse aux deux libraires. Tout d'abord, pour contester le fait que la mairie ait engagé « une opération immobilière », la réalité serait bien plus simple :

 

C'est parce que des locataires de cet immeuble sont venus se plaindre de leurs conditions de logement que la mairie du 18e a demandé une étude technique de cet immeuble par les services de l'urbanisme de la Ville de Paris. 

Cette étude a conclu à l'insalubrité de l'immeuble et proposé pour y remédier la procédure d'expropriation.

 

En fait, la mairie organise donc une « opération de résorption de l'habitat indigne ». Et pour parvenir à réhabiliter les liens, l'immeuble doit être vacant, de sorte que les travaux puissent être menés à bien, « les structures étant à reprendre ». Les 20 familles et les 3 commerces qui y résidaient seront donc relogés. 

 

Pour l'heure, si les discussions ont commencé avec les commerçants, la question est de définir s'ils souhaitent « percevoir l'indemnité de départ définitif ou un droit au retour à l'issue des travaux ».Et si cette seconde hypothèse était choisie, la SOREQA, qui gère ces questions, « accompagnerait dans la recherche d'un local provisoire pendant les travaux ». 

 

La mairie assure par ailleurs qu'elle désire trouver une solution « équitable, conforme à l'intérêt général », dans le cadre d'une « procédure longue et complexe de cette réhabilitation lourde et légitime pour ces 20 familles ». Seule ombre au tableau : il n'est proposé, en l'état actuel des choses, que 20 000 € d'indemnités pour la librairie, ce qui compromet tout simplement une poursuite d'activité au sein d'un autre lieu. Pourtant, les estimations qui avaient été faites, pour l'éviction des trois locaux commerciaux qui existent dans l'immeuble, s'élevaient, elles, à 400.000 €…   

 

La librairie n'était pour le moment pas en mesure de commenter ce courrier.