L'ultime manuscrit du poète espagnol Miguel Hernández va à la BNE

Nicolas Gary - 05.08.2014

Edition - International - Miguel Hernandez - Espagne bibliothèque - manuscrit achat


Le poète et dramaturge espagnol, Miguel Hernández, décédé le 28 mars 1942, sera prochainement hébergé à la Bibliothèque nationale d'Espagne. Cette dernière a acquis ce qui est censé être le dernier manuscrit réalisé. Il raconte quatre histoires d'enfants, et fut écrit en prison, durant les derniers mois de sa vie. 

 

 


 

 

El potro oscuro, El conejito, Un hogar en el árbol et La gatita Mancha y el ovillo rojo, furent tous écrits entre juin et octobre 1941, à la prison Reformatorio de Adultos d'Alicante, explique l'établissement. Hernández décédera au sein des murs, quelques mois après la rédaction de son ultime texte.

 

Le manuscrit est composé de six petites feuilles de papier toilettes, de 12 cm par 19 cm, avec des textes et des motifs cousus, rapporte la BNE. Passant par dessus la censure qui avait frappé le poète d'Orihuela, petite ville de la province d'Alicante, les histoires furent traduites, et confiées à sa femme, Josefina Manresa, peu de temps avant que la tuberculose ne l'emporte. 

 

Dans ses mémoires, elle racontait qu'elle avait passé plus d'un mois sans pouvoir lui rendre visite, et qu'elle le vit avec deux personnes, affaibli, sans savoir s'il s'agissait de prisonniers, comme lui. C'était des gardiens. Et l'un d'eux portait le manuscrit, qu'il finit par lui remettre. 

 

Le livre et ses histoires étaient destinés à leur fils, Manolillo, et un fac-similé avait été publié en 1988, Dos cuentos para Manolillo, reprenant deux des histoires. Peuplé de métaphores autour de l'accouchement et de la liberté, le texte recèle de messages forts pour un enfant. Il s'agissait d'ailleurs de son second fils, né en 1939. Le premier mourut prématurément, en 1938. 

  

Miguel Hernández abandonna l'école à 14 ans, et passera son enfance avec le troupeau de son père. Absorbé par la lecture des plus grands auteurs espagnols, il fit paraître en 1929 son premier texte dans un journal local. Engagé dans la Guerre d'Espagne avec les Républicains, il sera du côté des combattants de la liberté. En 1937, il prendra part au 2e congrès des auteurs antifascistes. Il fut condamné à mort en 1940, mais sa sentence sera changée pour 30 années d'emprisonnement. C'est en tentant de fuir l'Espagne, en direction du Portugal qu'il sera arrêté à la frontière.