L'une des dernières lettres de Virginia Woolf est à vendre

Camille Cornu - 17.12.2015

Edition - International - Virginia Woolf - Lettre enchères - Phlip Morrell


Cette semaine sera mise en vente aux enchères une lettre de Virginia Woolf (1882-1841), datée de 1940. Un an avant son propre suicide, elle y prend des nouvelles de son ami Philipp Morrell, malade du cœur, et l’encourage à s’accrocher à la vie.  

 

Capture d'écran de la lettre mise en vente, catalogue en ligne de Dominic Winter

 

 

« J’ai entendu parler de ta maladie indirectement, et je voulais prendre plus de nouvelles. Tu dois prendre ton courage à deux mains, et t’accrocher à la vie. Beaucoup trop de mes amis ont abandonné récemment. »

 

Datée de juillet 1940, peu après la bataille d’Angleterre, Woolf explique qu’elle vit à Sussex où elle est « exposée aux raids, mais dans les airs et avec les fleurs, les roches, les mouettes et notre belle vue ».

 

Philip Morrell, qui vivait un mariage libre avec sa femme Lady Ottoline Morrell, avait été amoureux éconduit de Virginia. Le couple habitait le Manoir de Garsington dans les années 1920, où Virginia leur rendait régulièrement visite.

 

Dans sa biographie de Woolf publiée en 1972 chez Hogarth Press, Quentin Bell écrit au sujet de Morrell : « Aimable et amoureux, toujours séduisant et avec une belle carrière derrière lui, il était néanmoins quelque peu ridicule (ou en tout cas c’est ce que Virginia pensait). Il lui fit la cour brièvement, mais de façon embarrassante avec des visites surprises et des tentatives de lettres d’amour. Elle l’a toujours repoussé sans problèmes. Ni Vita ni Léonard n’ont pu sentir quelque inquiétude à son sujet. »

 

Chris Albury, de chez Dominic Winter Auctions, a établi la valeur d’achat entre 1000 et 1500 $.

 

Il a confié au Guardian : « N’importe quelle lettre de Virginia Woolf est enthousiasmante, et il y a toujours cette aura de mystère qui concerne ce qui peut venir clarifier les relations du groupe de Bloomsbury et du manoir de Garsington. (...) Ce que j’aime au sujet de cette lettre est comment elle parvient à en dire tellement en si peu de lignes, et de façon si colorée. En trois courtes pages, il en ressort une réelle compassion pour Philip et de l’intérêt pour ses projets littéraires, son désir que chacun puisse vivre sa vie (...) et l’esquisse d’une description de la vie de son pays avec la bataille d’Angleterre en arrière-plan ».