L'Union des Écrivains du Canada accepte les auteurs autopubliés

Antoine Oury - 04.03.2014

Edition - Société - Canada - Union des écrivains - auteurs autopubliés


Au fil des années et des plumes, l'autopublication s'est sortie de son image de voie de garage pour écrivain raté. Avec la possibilité de diffuser et de commercialiser soi-même ses oeuvres sur le Web, les auteurs amateurs se sont finalement professionnalisés, et mènent de front leur propre commerce. Peu après l'Authors Guild américaine, la Writers' Union of Canada accepte désormais les autopubliés comme membres à part entière.

 


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(Ramesh NG, CC BY-SA 2.0)

 

 

La question de savoir si oui ou non il fallait accepter les autopubliés dans le cercle de l'Union des Écrivains du Canada avait été posée en mai dernier par l'organisation. Un référendum en ligne a été proposé aux membres il y a trois semaines, et pratiquement 4 répondants sur 5 ont répondu par la positive.

 

79 % des votes ont donc jugé que ces auteurs avaient, eux aussi, besoin d'un mouvement collectif pour mieux défendre leurs droits. Pour être acceptée, la proposition devait recueillir au moins 67 % d'intentions en sa faveur. 18 % des membres ont voté « non », et 3 % se sont abstenus.

 

À présent, il ne reste plus qu'à faire entrer cette nouvelle catégorie d'auteurs dans les actes de la Writers'Union of Canada, ce qui devrait être validé pour le mois de mai prochain. Les conditions d'adhésion seront précisées à ce moment-là, et l'Union n'a pour l'instant révélé que quelques éléments relatifs à ces conditions.

Les livres autopubliés présentés par les auteurs doivent faire preuve d'un intérêt commercial, et recevoir l'approbation des pairs avant de pouvoir être soumis au comité chargé de l'adhésion, qui les évaluera sur les critères existants.

Une formulation étrange, qui semble exclure la grande majorité des ouvrages autopubliés, dont « l'intérêt commercial » est difficile à évaluer. Si quelques titres sortent du lot, et sont souvent rachetés par des éditeurs, la grande majorité des auteurs poursuit leur travail d'autopublication hors des carcans commerciaux, justement. 

 

Depuis avril 2012, l'Authors Guild américaine accepte elle aussi les auteurs autopubliés, selon les conditions suivantes : « Les auteurs autopubliés qui démontrent qu'ils respectent le seuil des revenus tirés de leurs écrits sont recevables pour une adhésion à l'Authors Guild », explique l'organisation sur sa page d'adhésion. Ces revenus déterminent ensuite le statut du nouvel adhérent, qui sera soit « régulier » (et donc votant), soit « affilié » (non-votant).

 

D'après nos informations, plusieurs sociétés d'auteurs françaises étudieraient elles aussi cette possibilité.

 

(via The Digital Reader)