L’union fait-elle la force dans les manifestations littéraires ?

Auteur invité - 13.11.2019

Edition - Librairies - manifestation littéraire librairies - vente livres événements - festival salon livre


L’étude menée par le Centre national du livre sur le poids et l’impact des manifestations littéraires, publiée fin 2017, a permis de confirmer la portée de tels événements sur l’économie des métiers du livre. Le bénéfice qu’elles apportent aux librairies est non négligeable, mais peut-on dire que leur existence influe sur l’attractivité des librairies ?

Livre Paris 2016
ActuaLItté, CC BY SA 2.0
 

Des enjeux importants


« Une manifestation littéraire est un événement artistique et culturel qui participe à la diffusion du livre et favorise la rencontre des publics, sur un territoire, avec les auteurs, les autrices et les œuvres, en associant différents partenaires. »

Cette définition tirée de la Charte nationale des manifestations littéraires met en avant leur richesse. Qu’elles soient sous la forme de salon littéraire, de foire ou de festival, elles sont souvent le pic de rencontres interprofessionnelles, ainsi qu’une opportunité en termes de visibilité et de chiffre d’affaires, notamment pour les librairies.

Participer à l’animation culturelle de leur ville ou de leur région offre l’occasion de se faire connaître de la population locale. Cela va de trouver de nouveaux clients, à travers les ventes et les échanges, à nouer des partenariats avec différents acteurs : découvrir une nouvelle maison d’édition et accueillir un de ces auteurs en dédicace par exemple.
 

Une opportunité coûteuse


Selon le rapport du CNL, « un chiffre d’affaires médian d’environ 30.000 € [est atteint], avec une dépense moyenne en achat de livres comprise entre 10 et 29 € ». Cependant, ce chiffre n’est jamais mis en parallèle avec l’accès gratuit ou non de la manifestation en question : on imagine bien que le budget de ce panier moyen peut être différent avec un prix d’entrée à 12 €…

Un impact économique fort donc, mais qui représente une avance de coûts importante. En effet, les libraires ont la charge de commander en avance le stock pour le stand qu’ils tiennent durant tout le temps de l’événement. Mettre en place le stand, tenir les ventes pendant plusieurs jours, surveiller les clients… Un travail qui n’assure pas une rentabilité certaine, du fait de facteurs extérieurs difficiles à anticiper comme les temps de livraison.
 

Un rapport qui met sous silence certaines inégalités


« 8 librairies en moyenne par manifestation » sont mobilisées. On remarque néanmoins qu’il n’est pas rare de retrouver les mêmes librairies dans les différentes manifestations d’une même région. C’est ce que soulignait Marc Le Deunff, cogérant de la librairie Mots d’ici et d’ailleurs, à Landivisiau, dans une interview donnée en 2017 : « certaines librairies sont sous la gouttière, et accèdent systématiquement aux salons, alors qu’il faudrait obliger à faire des roulements. Certes, on ne change pas une équipe qui gagne, mais, d’un autre côté, cela s’apparente à du copinage et à une aide déguisée pour les librairies choisies. »

Ces inégalités d’accès aux manifestations profitent donc rarement aux jeunes librairies, ou à ceux dont la situation financière est difficile, soit des commerces ayant apparemment un besoin de visibilité plus important. 

Cependant, Vincent Monadé, qui en est à la présidence, affirmait que « le CNL exige qu’il y ait une ou plusieurs librairies indépendantes associées aux festivals, mais le libre choix de l’organisateur s’applique ensuite. Nous ne pouvons pas nous immiscer ainsi dans la libre administration d’un festival. »
 

Vers un renouvellement des manifestations littéraires ?


À ces questions s’ajoute celle de la centralisation de ces événements. La plupart se situent en ville, et semblent donc plus difficiles d’accès pour les librairies rurales qui souhaitent faire un partenariat. L’organisation même de ces manifestations pourrait donc être amenée à être revue : plutôt que créer des événements se passant à un même endroit, généralement entre 3 et 5 jours, ne serait-il pas intéressant d’organiser des manifestations plus décentralisées ?

Pour exemple, la 15e édition du festival itinérant Lettres du monde a réuni 70 rendez-vous littéraires dans trente villes de la région Nouvelle-Aquitaine. Elles représentaient l’occasion pour de nombreuses librairies en milieu rural d’accueillir des auteurs renommés et donc, de participer tout autant à la vie culturelle de leur territoire.

 
par Guénaëlle Lumalé

Dossier - L'attractivité des librairies, malgré Amazon ou Netflix


Commentaires

Pas de commentaires

Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.