L'université de Toulon victime d'un trafic de diplômes ?

Clément Solym - 15.04.2009

Edition - Société - trafic - diplômes - université


La ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse a demandé que l'Inspection générale de l'administration de l'éducation nationale et de la recherche (IGAENR) lance une enquête sur la possibilité d'un trafic de diplôme dans l'université de Toulon (Var). Les premiers résultats sont attendus dans une dizaine de jours.

En effet, il semblerait que l'Institut d'administration des entreprises (IAE) de l'université de Toulon soit le théâtre d'un trafic de diplômes. Ils seraient vendus 2 700 euros pièce, et le trafic profiterait essentiellement aux étudiants chinois.

L'affaire avait commencé à émerger en 2008 lorsque des étudiants chinois se sont plaint auprès de l'un de leur professeur de ce trafic. ils ont de plus dénoncé cette pratique à leur ambassade et poser une main courante révèle le Monde. Un peu plus tard une étudiante chinoise a été la victime d'une agression. Il semblerait que le motif de cette agression soit une grosse dette. Les agents de police ont fait le rapport ave la main courante.

L'université de Toulon ne serait pas la seule victime du trafic

L'affaire s’est accélérée le 09 avril avec la saisie des copies d'examen des étudiants chinois de l'IAE sur les quatre dernières années. Le trafic serait en place depuis 2004-2005. Des éléments troublants ont été mis en évidence comme le fait que pratiquement 100 % des étudiants chinois ont obtenu leur diplôme. Un fait d'autant plus surprenant quand on sait que certains n'avaient même pas le niveau requis en français et ne se présentaient quasiment pas en cours.

Outre l'enquête de l'IGAENR, le procureur de la République de Toulouse mène une enquête sur le trafic et le parquet de Marseille a ouvert une information judiciaire pour « corruption passive et active et escroquerie ». Des témoignages indiquent déjà que de pareilles pratiques pourraient aussi avoir lieu dans les universités de La Rochelle, Poitiers, Pau et une en région parisienne.

Valérie Pécresse a déclaré lors d'un passage à RTL qu'elle était prête à faire ouvrir des enquêtes dans « toutes les universités concernées » et même si cela s'avérait nécessaire à lancer « une inspection nationale ». Pour elle « Il n'est pas question qu'il puisse y avoir en France le moindre soupçon sur la valeur de nos diplômes ».