L'urgence de la numérisation patrimoniale au Québec

Clément Solym - 11.01.2011

Edition - Bibliothèques - quebec - numeriser - fonds


Alors qu'en Europe, tout le monde s'agite maintenant, suite à la remise du rapport des Trois Sages, sur la numérisation des fonds patrimoniaux, entre autres, le même appel était hier lancé depuis la province de Québec.

En effet, plusieurs organisations ont accentué la nécessité d'une préservation du patrimoine québécois, et sa mise à disposition sur internet. Michel Perron, directeur général de la Société des bibliothèques : « Je trouve que le mot pétition a un côté un peu guerrier, un peu revendicateur, qui n'est pas vraiment dans la nature de l'action que l'on fait. C'est un incitatif, une invitation à signaler aux autorités gouvernementales un intérêt concret à participer à une opération de numérisation. »

En tout, pas moins de 18 associations professionnelles qui invitent le gouvernement à prendre des dispositions pour la mise en place d'un programme massif de numérisation, et enjoignent le public à les rejoindre dans cette demande.

La disponibilité des oeuvres numérisées sur la toile constitue un enjeu culturel d'envergure, alors qu'une enquête datant de 2009 souligne que seuls 6 % des fonds patrimoniaux étaient alors passés sous les scanners. Pour les musées, ce chiffre monterait à 8 % seulement. Loin d'un résultat probant... Mais le ministère de la Culture et des Communications a, en juillet dernier, reçu un comité pour évoquer ces questions.

« Les premiers contacts avec le ministère sont positifs. Il réagit très bien à la démarche actuelle. C'est certain que demander l'appui des professionnels, des institutions et du public, c'est de bonne guerre, en ce sens que c'est pour signaler que notre projet devrait recevoir l'appui des gens qui sont touchés par ces choses-là. Ça nous permet d'exercer ce que j'appellerais une douce pression sur les décisions qui peuvent être prises », explique M. Perron à Metro.

Le manque de crédit pour mener à bien cette opération pèse toutefois sur le projet. Mais Michel Perron croit fermement en cette initiative. « Numériser est une des opérations qui permettent aux spécialistes, mais également au public, d'avoir accès à ces informations-là et, du même coup, à augmenter leur sentiment de responsabilité et leur fierté aussi vis-à-vis ce patrimoine-là. »