Les best-sellers assurent la rentabilité des grandes maisons d'édition

Clément Solym - 28.01.2015

Edition - Economie - maison édition - rentabilité chiffre affaires - secteur éditorial


Le cabinet KPMG propose, pour la 9e année, une étude portant sur les maisons d'édition : groupes ou indépendants, de toutes tailles, sont passés au crible. Dans les grandes tendances, on constate un léger recul du chiffre d'affaires et de la rentabilité. Cependant, les variations sont importantes en fonction des secteurs éditoriaux. Dans l'étude, 193 maisons ont été prises en compte.

 

 

Hunger Games - Salon du Livre et de la Presse Jeunesse à Montreuil (2013)

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

Entre 2011 et 2013, le chiffre d'affaires de l'édition a varié, avec une grande majorité réalisant moins de 5 millions € et 9 qui sont au-delà de 50 millions €. La littérature reste la plus prisée des différents genres, alors que le tourisme accuse un recul très important. « Cette année encore, la poursuite de la baisse de la vente de livres en moyenne est presque masquée par la progression des prestations de services. »

 

Dans les secteurs éditoriaux, on constate que la BD et la littérature connaissent une certaine croissance, respectivement de 4,7 % et 1,2 %, en chiffre d'affaires. Les beaux livres reculent en revanche de 8 % et le scolaire, la science et les dictionnaires de 7 %. Contre toute attente, KPMG annonce également que la jeunesse est en perte de vitesse, avec - 3,7 %. 

 

Plus globalement, on comprend que les petites maisons d'édition s'en sortent mieux, avec une progression certaine, « après plusieurs années difficiles ». Les structures opérant un chiffre d'affaires de 5 à 10 millions € accusent « une forte baisse de l'activité » pour 2013, certainement parce que 2012 fut une belle année. 

 

« Les groupes ont réussi à maintenir leur CA malgré la baisse de l'activité de leur maison mère, notamment grâce aux maisons d'édition de taille intermédiaire qu'elles détiennent », note le cabinet, alors que les indépendants « souffrent de manière importante cette année ».  

 

Si l'évolution des structures passe par des mesures d'économies, le problème des stocks reste essentiel. En dépit de l'impression à la demande et du numérique, le poids de ce secteur reste lourd à gérer. « L'écart entre les indépendants et les groupes ne cesse de se creuser : à fin 2013, les stocks des groupes représentent 116 jours de production en moyenne contre 174 chez les indépendants. »

 

Des difficultés spécifiques selon les secteurs

 

Toujours du côté économique, KPMG pointe que les avances accordées aux auteurs font l'objet d'efforts pour être mieux maîtrisées. Dans le secteur de la littérature et de la bande dessinée, les avances accordées ont « nettement diminué », note le cabinet. Une tendance constatée en 2012, et depuis plusieurs années, qui ne semble pas vraiment s'arrêter. Par ailleurs, on note une augmentation du taux de dépréciation, chez les indépendants, qui est proche de celle des groupes. L'évolution des charges et coûts liés aux auteurs suit cependant la courbe d'augmentation connue depuis 2011. 

 

La rentabilité, globalement, est très contrastée selon les secteurs d'activité : les beaux livres continuent de plonger, et le juridique reste le secteur le plus rentable du domaine de l'édition. Depuis 2010, où le niveau était de 4,9 %, la rentabilité de la bande dessinée suit une importante croissance, parvenue à 13,8 % en 2013. 

 

Grâce aux best-sellers, les maisons dont le CA est compris entre 20 et 50 millions € affichent une meilleure rentabilité, alors que celles situées entre 5 et 10 millions € ont opéré des réductions sur leurs charges d'exploitation, « malgré la baisse de leur activité ». Pour celles qui affichent un CA de 5 %, les résultats sont simplement en recul. « Malgré une baisse plus marquée de leur rentabilité, les groupes conservent un niveau d'EBIT supérieur à celui des indépendants. »

 

Reste, enfin, que la valeur ajoutée progresse en 2013, notamment sur le beau livre, le pratique, et la jeunesse, en dépit d'une baisse de l'activité. Le secteur tourisme et guides enregistre une forte baisse de sa valeur ajoutée. « Même si cette dernière paraît élevée, elle ne permet pas de dégager une rentabilité suffisante », conclut le cabinet d'étude.

 

  KPMG-9e étude Maisons d'édition 2015