La BD, 'art mineur' : Finkielkraut "préfère la peinture, les livres"

Louis Mallié - 12.06.2014

Edition - Société - Alain Finkielkraut - Bande-dessinée - France Inter


« C'est vraiment trop injuste », dirait un Calimero : Alain Finkielkraut n'aime pas la bande dessinée. La lettre ouverte d'ACBD, l'opération « Une BD pour Finkie » de Fluide Glacial : rien n'aura pu faire changer d'avis le nouvel académicien. En effet, dans un entretien accordé à Patrick Cohen sur France Inter, le philosophe est revenu sur ce qu'il considère comme « art mineur ».

 

 

 

On devrait être habitué au fait qu'Alain Finkielkraut n'apprécie pas l'art d'Hergé, Giraud ou Sergio Toppi : après tout, ce ne sont que des opinions. Mais ce n'était pas de l'avis du journaliste, qui a tenu à revenir sur cette « curiosité » de la personnalité de l'intellectuel que constituent pour beaucoup ses « diatribes contre la bande dessinée ». 

 

« J'ai osé dire - vous rendez-vous compte du sacrilège - dire que la bande dessinée était un art mineur. Cela allait de soi (...) Je préfère la peinture, je préfère les livres. » Et il ne manque de rappeler avec ironie la valeur que possède selon lui le neuvième art (une expression qu'il réprouverait) dans la culture : « Aujourd'hui les parents eux-mêmes lisent des bandes dessinées, ils sont très contents que leurs enfants lisent des BD, certains sont très contents des jeux vidéo… tant mieux ».

 

Mais que les bédéphiles se consolent : ils ne sont pas les seuls à apprécier un « art mineur. » Le polar, aujourd'hui diffusé dans nombre de suppléments littéraires ne serait pas, « à quelques exceptions près, tout à fait de la littérature. »

 

« Lisez Tintin avant de dire de pareilles bêtises », entend-on Bernard Guetta, auteur de la chronique géopolitique de la matinale, lancer dans le fond du studio au philosophe. Ce à quoi ce dernier répond : « Franchement j'ai lu Tintin et je persiste et je signe. Je continue à préférer Henry James et Édith Warton ». L'académicien relativise ensuite, répétant encore une fois qu'il ne s'attendait pas à ce que ces propos soient tenus pour « sacrilèges ». 

 

Et de conclure de manière laconique et un tantinet rieuse : « Et na ! Mon dernier mot sera na ! » Qu'il en soit ainsi : Ailain Finkielkraut n'aime pas la BD.

 

Le débat, commence à 11:20.