La Bible adaptée en roman plus divertissant par un écrivain athée

Julien Helmlinger - 01.12.2014

Edition - International - Bible - Religion - Interprétation


L'écrivain strasbourgeois Philippe Lechermeier, bien qu'athée, a décidé d'adapter la Bible sous la forme d'un roman « plus accessible ». Car s'il estime que les textes religieux qu'elle contient sont « essentiels », en revanche, « d'un point de vue littéraire, c'est mal écrit » précise-t-il. L'auteur l'a intitulé Une bible, sans majuscule, signifiant par là qu'il ne venait pas directement concurrencer les traducteurs comme Saint-Jérôme et autre Martin Luther.

 

 

 

 

En faisant la lecture à sa progéniture, Philippe Lechermeier s'est rendu compte des carences narratives des bibles officielles. L'écrivain a donc misé sur une accessibilité accrue, passant par une réécriture synthétique, un style soigné, et le mélange les genres. Il en ressort un beau livre, illustré par Rébecca Dautremer, traduit en espagnol, italien, allemand ou encore néerlandais, qui a été tiré à 60.000 exemplaires.

 

L'ouvrage est publié chez l'éditeur Gautier Languereau, qui explique qu'il s'agit d'un « message de foi, mais lisible par tous, athées ou religieux ». Comme le précise son auteur, qui a cherché à éviter de tomber dans la caricature : « Ces textes sont le fondement de notre culture et de notre civilisation, que l'on soit croyant ou pas. On y trouve l'essentiel des passions humaines. »

 

Philippe Lechermeier a fait son propre tri dans les anecdotes bibliques, et a pris le pari de narrer les émotions des personnages, notamment celles de Jésus au moment de marcher sur l'eau. Mais il a pris d'autres libertés encore, avec une certaine poésie : la vie de Moïse y est racontée par un moucheron, Goliath prend les traits d'un catcheur, quand l'ange Gabriel devient un homme oiseau.

 

Comme le rapporte l'AFP, divers responsables religieux et autres spécialistes de la Bible contactés ont salué l'initiative plutôt que de la vouer au bûcher. Non seulement car le livre invite à se poser des questions sur la foi, mais aussi car il serait susceptible d'intéresser des personnes éloignées de la religion.