La Bible revue et corrigée par Thomas Jefferson, au rasoir

Clément Solym - 18.01.2012

Edition - International - Thomas Jefferson - Smithsonian - Bible


La maison d'édition Penguin USA vient de publier La Bible de Thomas Jefferson, un ouvrage du troisième président des États-Unis, qui avait décidé d'écrire une version plus rationnelle du texte religieux et sacré.

 

L'ouvrage se base sur une copie des Évangiles que le président conserva entre 1803 et 1820, dont l'original est exposé à l'institut Smithsonian (voir photos), qui pourrait peut-être rejoindre la bibliothèque retrouvée de Thomas Jefferson ?

 

Thomas Jefferson décida d'ôter certains passages de six exemplaires des Évangiles, à coups de rasoirs - un détail qui ferait peut-être sauter au plafond Christine Boutin - pour les coller dans son propre livre et ainsi créer sa propre Bible, rapporte The Guardian.

 

 

 

La troisième président des États-Unis, animé d'une philosophie morale et rationnelle, ne pouvait pas supporter certains passages de la Bible et s'attela donc à la réécrire pour la rebaptiser : La vie et la morale de Jésus de Nazareth.

 

Exit la Vierge Marie, la résurrection et l'ascension. Le rationalisme de Thomas Jefferson ne pouvait s'accommoder de l'Esprit Saint. Il choisit d'écarter tout le "côté divin" de l'ouvrage pour mettre en valeur le Christ dans tout ce qu'il avait de plus humain.

 

Cette initiative est le reflet des réformes sur la religion entreprises par Jefferson tout au long de sa carrière politique. À la fin du XVIIe siècle, il donna impulsion à la mise en place de la liberté de religion aux États-Unis, en rédigeant un texte sur le statut pour la liberté religieuse de Virginie.

 

Peu après, le Premier Amendement de la Déclaration des Droits proclamait la liberté de religion, en interdisant l'existence d'une religion officielle et instaurant une stricte séparation entre les Églises et l'État.

 

 

 

Dans ses correspondances, Thomas Jefferson se disait « véritable chrétien », sa réécriture de la Bible n'étant en aucun cas une remise en question de ses croyances religieuses. Il avait été fortement influencé par l'esprit des Lumières lorsqu'il était ambassadeur des États-Unis en France entre 1785 et 1789, alors que des penseurs comme Voltaire et Rousseau avaient diffusé des idées cherchant à comprendre Jésus comme un homme, dont l'enseignement avait été déformé par les générations suivantes.

 

L'éditeur de l'édition de l'ouvrage publié chez Penguin USA, Mitch Horowitz, a expliqué au Guardian le travail rigoureux de Jefferson : « La figure du Christ apparaît comme une personnalité saisissante et cohérente d'un pouvoir moral remarquable. Jefferson a tout simplement établi le  portrait historique et éthique très convaincant d'un grand professeur. »

 

Crédit Photo : American History.si.edu