Faute de moyens, la bibliothèque de Birmingham s'en remet au public 

Julie Torterolo - 28.08.2015

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À peine le temps de souffler ses deux bougies que la bibliothèque de Birmingham avait déjà des difficultés financières. L’établissement, qui a tout de même coûté la somme de 188 millions de livres, s’enlise dans la situation à tel point qu’elle appelle aujourd’hui les usagers aux dons de livre neufs. Une démarche qui n’a pas manqué de faire réagir. 

 

 

 

Déjà, en décembre 2013, quelques mois après son ouverture, la bibliothèque de Birmingham annonçait devoir réduire ses horaires de 73 à 40 heures, faute de moyens. Une cure d’austérité qui n’est pas étonnante. L’établissement — la plus grande bibliothèque d’Europe à ce jour — a en effet été construit et financé par les fonds propres de la ville alors que l’Angleterre se trouvait dans un contexte de crise et de restrictions budgétaires drastiques pour le reste du réseau public britannique. 

 

Depuis le mois d’août, la situation financière de la bibliothèque ne s’arrange pas, à tel point qu’elle ne peut plus faire le cœur de son métier : acheter les ouvrages afin de satisfaire la demande. Cet appel aux dons a été pointé du doigt par la BBC qui a dégoté puis publié le tract de la bibliothèque.

 

Le document commence en toutes lettres « Book required », soit « Nous avons besoin de livres ». « En raison de coupes des finances publiques, nous ne sommes plus en mesure d’acheter de nouveaux livres ou journaux. Nous sommes donc à la recherche de tous livres publiés au cours des 12 derniers mois afin d’être offerts à la bibliothèque. Ils seront tous reçus avec gratitude », détaille le tract. Les réactions relayées dans les médias britanniques n’ont pas manqué à l’appel. 

 

Selon The Bookseller, Laura Swaffield de The Library Campaign, une association de bienfaisance pour « aider les amis et usagers des bibliothèques », a dénoncé le fait qu'une telle construction et les dépenses qui vont de pair « ont vidé les petites bibliothèques locales alors que les gens en ont le plus besoin ». 

 

L’écrivain S.J. Watson, l’auteur de Before I Go to Sleep, a réagi sur Twitter. « Birmingham a construit une nouvelle bibliothèque incroyable. Mais il y a un hic. Cela m’a effectivement vraiment mis en colère », écrit-il tout en retweetant le tract. 

 

 

Lindsey Davis, l’auteure de la série de livres Marcus Didius Falco, a également apporté sa pierre à l’édifice, rapporte The Guardian : « C’est vraiment triste qu’ils en soient réduits à faire ça. Je me souviens du frisson d’aller à la bibliothèque et de me dire que je pouvais lire n’importe lequel de leurs livres. Cela doit à tout prix être préservé. »

 

Penny Holbrook, membre du cabinet de conseil municipal de Birmingham pour les compétences, l’apprentissage et la Culture, s'est expliqué auprès de la BBC : « Nous continuons à examiner la façon dont nous assurons l’avenir de toutes nos bibliothèques communautaires, mais tandis que le travail est en cours, nous devons faire des choix difficiles pour économiser de l’argent. Un de ces choix est une pause sur le fonds de livres. » « Mais nous ne prévoyons pas que le public compense l’ensemble des coupures effectuées par le gouvernement », conclut-elle. 


Pour approfondir

Editeur : Black Swan---ENG
Genre : policier /...
Total pages : 378
Traducteur :
ISBN : 9780552164122

Before I Go To Sleep

de J. S. Watson

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