La bibliothèque de Toronto n'achètera plus de livres d'occasion

Antoine Oury - 26.03.2015

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En décembre 2014, la bibliothèque publique de Toronto dévoilait un projet destiné à préserver ses budgets tout en améliorant son service aux usagers. Chaque début de mois, l'établissement allait mettre en ligne une liste d'ouvrages désirés, principalement des best-sellers, qu'il achèterait 5 $ à tout usager susceptible de les revendre.

 

 

Arthur Conan Doyle room, Toronto Reference Library (Special Collections)

Salle Arthur Conan Doyle, Toronto Reference Library

(Special Collections Toronto Public Library, CC BY-SA 2.0)

 

 

L'établissement a récemment été invité à réduire son budget de fonctionnement, et a notamment coupé les dépenses en matière de services de sécurité, pour l'année 2015, pour réduire des frais municipaux estimés à 170 millions $ annuels. Autrement dit, l'austérité incitait à la mise en place de solutions alternatives, rapidement décriées par les écrivains. 

 

L'auteur Noah Richler avait dénoncé dans une tribune sur thestar.com la « culture du tout gratuit » qui permet de se fournir en contenus culturels sans verser sa part au créateur.

 

La bibliothécaire en chef Vickery Bowles a admis mardi dernier que le programme n'avait pas été satisfaisant, aussi bien sur le plan du service aux usagers que sur celui de la rémunération des auteurs. Après trois mois d'essai, 127 livres ont été acquis par ce biais, pour 2246 $, soit, en moyenne, 17 $ le livre. Acheter le même volume d'ouvrages via les canaux traditionnels, a reconnu Vickery Bowles, aurait coûté moins cher.

 

L'évaluation du programme aura eu lieu après 3 mois, alors que 6 mois étaient originellement prévus : la grogne des auteurs aura incité l'établissement à accélérer les choses. 

 

David Bezmozgis, auteur canadien, a affirmé tout le soutien des écrivains aux bibliothèques : « La dernière chose que les auteurs veulent, c'est que les bibliothèques soient dans des situations financières difficiles. Nous pensons que nous sommes dans la même situation, et que nous devons nous soutenir mutuellement. »