La bibliothèque de Vancouver accusée d'héberger des contenus transphobes

Antoine Oury - 24.07.2019

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Pas de Pride Parade pour la bibliothèque de Vancouver, cette année : la Vancouver Pride Society (VPS), qui organise cette marche des fiertés du mouvement LGBTQ+, a fait part de sa décision d'interdire à l'établissement d'y participer. La VPS reproche l'invitation de Meghan Murphy, journaliste canadienne, et de 5 intervenants, en janvier dernier, qui auraient tenu des propos offensants à l'égard des personnes transgenres.

Vancouver Public Library Central Location
La Vancouver Public Library (Danielle Griscti, CC BY-SA 2.0)


Pas de défilé pour la bibliothèque publique de Vancouver : « [Cette décision] découle du choix d'accueillir des discours discriminants et transphobes », souligne la Vancouver Pride Society (VPS) dans un communiqué. Le 10 janvier 2019, l'invitation de la journaliste Meghan Murphy choque la communauté LGBTQ+, qui évoque ses prises de position contre les droits des personnes transgenres et contre la décriminalisation de la prostitution.

Selon la VPS, au cours de cet événement, Murphy et 5 autres intervenants auraient « tenu des propos selon lesquels les femmes transgenres ne sont pas des femmes et ne devraient pas être traitées comme telles ». Après plusieurs avertissements, la VPS a décidé d'interdire à la bibliothèque de participer à la Pride Parade, afin de marquer son opposition à de tels événements.

« Des institutions telles que les bibliothèques et les universités sont des lieux de débat public et de libre expression. Nous soutenons le débat, en général, même celui que nous trouvons répréhensible ou offensant, mais pas lorsque les discours sont discriminatoires, selon les lois en vigueur. Les droits fondamentaux ne peuvent pas faire l'objet d'un débat », estime la Vancouver Pride Society.

Pour l'organisation, l'événement de la bibliothèque de Vancouver est d'autant plus dommageable que l'établissement s'est lancé dans une politique d'inclusion plutôt volontaire, ces derniers mois, avec l'accueil de nouvelles ressources et la formation du personnel.
 

Quelles limites pour la liberté d'expression ?


Dans un communiqué publié sur son site, la bibliothèque de Vancouver prend acte de la décision, et la regrette. « En tant qu’institution publique, la bibliothèque s’engage à fournir un lieu où différentes idées et opinions peuvent être partagées et discutées. Nous pensons que c’est en étant exposé à différentes idées et opinions que la société peut faire des choix éclairés concernant ses convictions fondamentales. »
 
Communiqué contre communiqué, chacun semble toutefois camper sur ses positions, sans exclure un dialogue maintenu à l'avenir. La bibliothèque de Vancouver rappelle ainsi qu'elle ne peut pas aller plus loin que la loi pour décider quel discours est discriminant ou non. « Les limites de la liberté d'expression doivent être fixées par la loi, et pas par la bibliothèque », indique l'institution.

Les employés de la bibliothèque de Vancouver pourront bien sûr participer à la marche, individuellement ou aux côtés de leur syndicat. Et l'institution espère pouvoir se joindre à l'événement dès l'année prochaine.


Commentaires
Quand la Pride soutient un mouvement homophobe et sexiste, et essaie de faire taire les gens qui le dénoncent... Heureusement que les bibliothèques sont là pour permettre aux femmes et aux hommosexuels de s'exprimer et de défendre leurs droits.
« Les limites de la liberté d'expression doivent être fixées par la loi, et pas par la bibliothèque ». Tout est là ! A force de tenir des discours pareils, les LGBT en deviennent infréquentables, tout comme les extrémistes de tous poils. Le problème est que nous aimerions tous faire comme on veut : mais, déjà tout petit, on apprend que ce n'est pas possible, que certaines limites existent, souvent pour l'intérêt commun.



Par exemple, la société doit-elle prendre en charge les opérations ou médications pour qu'une femme puisse se transformer en homme ? SI oui, cela laisse la porte ouverte à toutes les folies et cela coûtera bien cher à l'ensemble de la population, alors que l'assurance ne devrait prendre en charge que les fondamentaux en termes de santé (maladies et accidents avérés).



Un couple homosexuel peut-il adopter un enfant ? On se dit que cela fera peut-être le bonheur des "parents", mais probablement pas celui de l'enfant, qui devra porter ce fardeau toute sa vie (et l'expliquer à ses petits camarades, qui s'en délecteront)... n'est-ce pas de l'égoïsme pur et simple ?



Les propos de Meghan Murphy ne sont pas choquants outre-mesure, elle donne son avis, point. On est pas dans la haine, et ses bannissements de Twitter font preuve d'une censure assez inquiétante et plutôt ridicule.



Bien entendu, il est normal que les LGTB puissent être reconnus, comme tout être humain. Mais je trouve regrettable que cela passe par des interdictions d'expression et bannissements de bibliothèques, qui sont justement des lieux d'échanges par excellence.



Et je trouve étonnant que la bibliothèque doive quasiment s'excuser d'être un lieu de débats. Qui dit débat dit échange d'idées de tous horizons, et là, on masque, on censure, et c'est très mauvais... pourquoi la communauté LGBT ne propose-t-elle pas plutôt un nouveau débat, plus simplement ?
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