La bibliothèque devenue médiathèque Guy de Maupassant

Auteur invité - 31.07.2019

Edition - Bibliothèques - librairie ouverture Lille - Chouette Librarie - Guy de Maupassant


Une lourde porte en chêne, une plaque de marbre qui la domine et indique fièrement Bibliothèque municipale. Nous sommes rue des Canonniers à Saint-Quentin à deux pas de l’Hôtel de Ville et la façade austère du bel hôtel particulier XVIIIe cache une petite révolution. C’est que la bibliothèque est devenue, après une petite année de travaux, une médiathèque de son temps. 


© Luc Couvée — Ville de Saint-Quentin


La bibliothèque s’est installée en 1934 dans cet hôtel particulier construit par une grande famille de négociants devenus ensuite industriels, arrivés à Saint-Quentin en 1705 pour fuir la répression contre les réformés. De grands travaux ont été entrepris en 1987 pour adapter les lieux et transformer la bibliothèque des années 30.
 

Répondre aux 50.000 habitants


La cour intérieure qui donne accès aux deux ailes est alors couverte d’une belle verrière, les magasins sur deux niveaux intègrent les espaces publics et le musée des Papillons qui cohabitait jusque-là dans les mêmes locaux, part voler de ses propres ailes. Au total, la bibliothèque compte ainsi plus de 2000 m2 de surface utile. Ce qui reste sage pour une ville de plus de 50.000 habitants, mais le tissu urbain offre peu de solutions d’extension et le foncier est rare ! 

Trente ans plus tard, la ville prend conscience que la bibliothèque a besoin d’une sérieuse cure de rajeunissement : informatique, électricité, revêtements de sol et muraux, mobilier, conception de l’aménagement, vitrages, traitement de la verrière parfois récalcitrante à retenir la pluie : c’est ce vaste chantier tous azimuts qui a été inauguré et ouvert au public en septembre dernier. 
 
La fluidité des espaces apparaît dès l’abord remarquable ; les coloris, l’éclairage mettent en valeur, sous la verrière, les jolies arcades et, un peu plus loin, l’escalier classé aux Monuments historiques. Fini l’aspect austère de la banque de prêt et son petit muret de protection, la technologie RFID (puces intelligentes) permet désormais de se passer de cette encombrante barrière matérielle et psychologique. Le public est enfin autonome dans la gestion de ses emprunts et retours. Un agent d’accueil est cependant toujours disponible à proximité. 
 

Feuille, papier, ciseaux, numérique...


Privilégiant le confort d’usagers qui aiment lire et se détendre dans un lieu de vie agréable, canapés et chauffeuses voisinent avec quelques chaises hautes. On peut y consulter la presse par exemple. Des liseuses sont aussi à disposition pour découvrir la version numérique de nombreux journaux et magazines. Bien entendu, la bibliothèque offre désormais un accès WIFI public. 



 
L’organisation des espaces a aussi été transformée. Les plus jeunes disposent désormais, dès le rez-de-chaussée, d’un lieu dédié, plus pratique pour eux comme pour leurs parents et les éventuelles poussettes, tandis que les juniors et les ados restent à l’étage, bénéficiant d’un aménagement qui leur offre la possibilité de jouer ensemble à des jeux vidéo... ou d’utiliser des ressources d’autoformation dans deux cabines spécialement aménagées.

On trouve aussi près du charmant jardin intérieur un espace de travail. Une gigantesque « table » sinusoïdale s’y étend, offrant sur ses multiples côtés des sortes de banquettes qui permettent au choix de s’asseoir, de s’appuyer ou même de rester debout pour feuilleter un document. Inconvénient, le meuble prend toutes ses aises, narguant ainsi les collections... qui ne trouvent leur salut qu’en se superposant sur des étagères assez hautes et surtout sur les murs où elles grimpent jusqu’au plafond !
 

Plus de 100.000 documents disponibles


Peut-être conviendra-t-il, une fois la période de rodage terminée, de limiter un peu les excroissances de l’encombrant et d’habiller les murs avec un rayonnage aussi seyant que celui qui occupe les espaces ! N’y aurait-il pas plutôt trop de collections ? Eh bien non ! À un peu plus de 100.000 documents aujourd’hui, au prix d’un vigoureux désherbage, elles apparaissent cohérentes par rapport à la taille de la commune.

Il faut d’ailleurs de signaler que les supports audio et vidéo sont désormais intégrés aux livres et que l’ensemble a été équipé de puces intelligentes (RFID) comme évoqué plus haut. 



 
C’est l’agence d’architecture Coste-Orbach (Issy-les-Moulineaux) qui a mené à bien ce chantier en liaison avec le fabricant de mobilier BCI pour l’implantation. Au total, il représente un budget de l’ordre de 900.000  réparti entre la Ville, le Département et l’État. 

Alors, se demande-t-on, quel résultat ? La directrice, Nathalie Niay, n’a pas de mots assez enthousiastes pour commenter l’accueil du public. « On est heureux, heureux, heureux ! », résume-t-elle. À vrai dire, on le serait à moins ! Car les statistiques sont éloquentes. Plus de 8 000 entrées mensuelles en septembre et octobre, soit plus du double de celles d’avant les travaux, des nouvelles inscriptions qui explosent.
 

Maupassant et Bazin, figures tutélaires


Une fréquentation qui réjouit l’ensemble de l’équipe (13,5 équivalents temps plein pour l’ensemble du réseau). Outre la médiathèque centrale, deux antennes de quartier et un bibliobus composent le réseau Saint-Quentinois. La médiathèque centrale porte le nom de Maupassant et une des annexes, celui d’Hervé Bazin, souvenir du Festival de la Nouvelle, d’envergure nationale, qui s’y déroula de 1985 au début des années 2000. Et cela l’oblige à démultiplier les efforts pour répondre aux sollicitations nombreuses et variées.
 
La transformation des locaux s’est doublée d’une remise à niveau du système informatique et d’un portail internet flambant neuf présentant les fonctionnalités habituelles, mais aussi l’accès à de nombreux titres de presse ainsi qu’une centaine de livres numériques. Il offre également aux usagers la possibilité de réserver en ligne les documents de leur choix.



 
Reste à terme à y inclure l’accès aux collections patrimoniales de la bibliothèque ainsi qu’une bibliothèque numérique qui permettrait de renforcer sa visibilité ainsi que son utilisation. Elle compte une quinzaine de manuscrits médiévaux (dont l’un consacré au martyre de Saint Quentin), 12 incunables, plus de 10 000 imprimés antérieurs à 1800, mais aussi de nombreux documents sur l’histoire locale et l’activité textile. 

L’usage de la médiathèque demeure gratuit pour les Saint-Quentinois. Peut-être un jour, la mise en place d’un réseau à l’échelle intercommunale, ou plus large encore, permettra d’étendre ces conditions à tout le Vermandois. 

Pascal Allard
 
9 rue des canonniers 
02100 Saint-Quentin
Contact : 03 23 64 61 50
mediatheque.saint-quentin.fr 
crédits photos : Médiathèque Guy de Maupassant 
 



Commentaires
"Ce qui reste sage ?" On est presque 2X en dessous des recommandations d'Etat (7m2 pour 100 habitants). Je suis même très étonné qu'ils aient reçu des subventions, je connais des dizaines de projets pas financés pour cette raison de la surface. Sage n'est pas le mot.

Si je suis heureux pour la population et les bibliothécaires, je trouve cet article très étrange, à la limite du publirédactionnel (qui n'est mentionné nulle part). M. Allard est conseiller DRAC pour le livre, écrit-il un article pour Actualitté à chaque ouverture ? Mon propre conseiller DRAC peut-il faire la même chose ?

Et enfin, célébrer le passage de la bibliothèque à la médiathèque en 2019, c'est quand même ... dépassé, non ?
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