La Bibliothèque interuniversitaire de santé en difficulté

Julien Helmlinger - 31.03.2015

Edition - Bibliothèques - BIU Santé - Université - Documentation


Ils sont 72 membres sur les 91 que compte au total l'actuel personnel de la Bibliothèque interuniversitaire de santé (BIU Santé), à avoir conjointement signé une lettre ouverte le 18 mars dernier. Celle-ci était adressée à la Directrice de l'enseignement supérieur et de l'insertion professionnelle, Simone Bonnafous, afin d'alerter cette dernière quant à la « situation critique » du service de prêt, en sérieux manque de budget.

 


Etagères clairsemées à la BIU Santé

 

 

« En France, la Bibliothèque interuniversitaire de santé est la collection de référence dans le domaine de la santé. Elle fait partie des trois plus grandes bibliothèques patrimoniales du monde en médecine. Pourtant, aujourd'hui, la plus grande bibliothèque de santé de notre pays offre moins de ressources courantes que la plus petite des bibliothèques universitaires » peut-on lire dans le courrier.

 

Si les signataires se disent conscients que les temps sont durs pour toutes les universités, ils ne trouvent en revanche pas légitime « qu'une université prive la plus grande bibliothèque de santé de France (en médecine, pharmacie, odontologie, etc.) des moyens de remplir ses missions nationales ».

 

L'offre documentaire courante, jugée « vitale » dans les domaines couverts, serait selon eux « réduite à peu de chose », et la documentation sur les thématiques de santé dans le pays s'en retrouverait affaiblie. Le personnel soutient qu'en 2014 la BIU Santé « n'a pas pu assurer ses fonctions », la continuité des collections s'en retrouvant « endommagée » et l'équilibre de l'équipe « menacé ».

Il est encore précisé dans la lettre que, pour 2015, l'autorisation de dépense accordée par l'Université Paris Descartes serait de 1.475.350 €. Mais que selon l'estimation des frais de fonctionnement, les fonds nécessaires seraient plutôt d'environ 3.250.000 €. En conséquence de quoi les signataires demandent « que la moitié manquante du budget soit restituée à la BIU Santé ».

 

La lettre impute ce versement diminué à l'actuelle absence de statut officiel de la BIU Santé, « en raison d'une anomalie administrative qui dure depuis la fusion de la BIUM et de la BIUP en janvier 2011 ». Une page web est dédiée à qui souhaiterait soutenir la bibliothèque.