La bibliothèque itinérante, un accès à la culture qui traverse les âges

Joséphine Leroy - 04.06.2016

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Les bibliothèques itinérantes ne sont pas nées hier. Aux États-Unis, ces véhicules mobiles ont utilisé les progrès de l’industrie automobile pour créer des bibliothèques qui vont au plus près du lecteur. Les bibliothécaires garaient leurs automobiles et proposaient un catalogue de livres aux habitants des villes par lesquelles ils passaient. 

 

Une bibliothèque mobile dans le Maryland, en 1905

 

 

La bibliothèque mobile est devenue un concept reconnu mondialement. En principe, elle a pour fonction principale de desservir les villages et banlieues privés de bibliothèques locales et approcher les publics éloignés de la culture. Aujourd’hui, la bibliothèque mobile profite des innovations technologiques (ebooks, livres audio) et de l’accès à Internet. 

 

Mais Vintage News a retracé l’histoire du concept. Selon le site, l'histoire de la bibliothèque mobile a débuté en Angleterre, au XIXe siècle. À l’aube du XXe siècle, l’américaine Mary Ticomb s’en est inspirée pour lancer la première vraie bibliothèque mobile. Elle a décidé d’instaurer un système de transport des livres vers les populations rurales du Maryland. Un chariot, tiré par des chevaux, transportait alors des boîtes remplies de livres vers les commerces et les bureaux de poste des alentours. 

 

En 1904, 66 stationnements destinés aux transports de livres sont dénombrés dans le pays. Huit ans plus tard, la première bibliothèque mobile motorisée est née. Elle desservait non seulement les zones rurales, mais aussi les écoles et les maisons de retraite. Au début des années 1900, un bibliothécaire pouvait acquérir une bibliothèque mobile pour 1 000 $ seulement. À la fin des années 1930, on comptait 60  bibliothèques mobiles à travers le pays. La crise de 1929 et les deux guerres mondiales en ont soudainement freiné le développement.  (via The Vintage News

 

 

 

Installation, innovation, réappropriation

 

Depuis, le retard se rattrape. En ce début de XXIe siècle, des pays s’essaient tout juste à la bibliothèque mobile. C’est le cas de l’Éthiopie, où une bibliothèque mobile tirée par deux ânes fournit à un millier de personnes des ressources pédagogiques, un théâtre de marionnettes et des livres. Au Cameroun, le CLAC [Centre de Lecture et d’Animation Culturelle de Yaoundé, NdR] a décidé d’implanter le projet. À Yaoundé, Street CLAC (le nom du projet) voulait aller à la rencontre des populations de quartiers populaires. Depuis octobre 2015, ils ont collecté un peu plus de 5 065€ (dépassant légèrement l’objectif de 5 000€). 

 

Pour d’autres pays, il s’agit de recycler l’idée en utilisant les innovations technologiques. Début 2016, à Séoul, en Corée du Sud, un projet a été commandé : l’«Innovation park», autrefois occupé par les locaux de différentes sociétés, censé désormais s’ouvrir au public, servira de foyer pour quatre bibliothèques mobiles (de petites tailles) qui se fondent dans le paysage. 100.000 m2 sont mis à disposition, dans une optique de redynamisation de l'espace urbain. 

 

(June Young Lim)

 

 

Dans le monde entier, les Little Free Libraries se multiplient elles aussi. Si ce ne sont pas des bibliothèques mobiles, mais plutôt des réappropriations locales du modèle classique, elles emportent souvent l'adhésion, en partie grâce aux formes incongrues qu'elles peuvent parfois prendre : une cabine téléphonique au Royaume-Uni, un réfrigérateur reconverti au Brésil, une niche, un kiosque à journaux ou encore une valise. Le bibliobike, quant à lui, séduit de plus en plus.