La bibliothèque militaire américaine, en mission sur tous les fronts

Julien Helmlinger - 12.09.2013

Edition - International - Armée - Première Guerre Mondiale - Bibliothèque


Comment ça, c'est pas sa guerre ? La bibliothèque militaire américaine est de tous les combats, depuis qu'au cours de la Première Guerre mondiale, les soldats déployés en Europe ont exprimé la revendication que quelques rations d'ersatz et autres cartouches ne suffisent pas à équiper un homme. Alors était intervenue l'American Library Association, offrant aux troupes des livres et des magazines payés par le programme d'emprunt de guerre. Le prêt de lectures est ainsi devenu la première mission récréative du Department of Defense.

 

 

 Un bon bouquin avant déploiement -Crédits : Dod

 

 

Les dons publics récoltés, 5 millions de dollars, avaient alors permis la distribution de plus de 7 millions de livres et revues, l'érection de 36 bibliothèques de camp 36 érigeant et en fournissant les ouvrages à plus de 500 sites, hôpitaux militaires y compris. Une cible de loisir et de bien-être, encore aujourd'hui dans le collimateur de l'armée. Les premiers programmes officiels de bibliothèque militaire concernaient la marine en 1919, puis l'armée de terre l'année suivante, et enfin l'armée de l'air se dota du sien en 1947.

 

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, les services de prêt n'ont eu de cesse de se renforcer au sein de l'armée américaine. La plupart des bases, ainsi que les nouveaux navires de la flotte, se trouvaient désormais équipées de leur propre bibliothèque. Si bien que plus récemment, en Afghanistan, même dans des bases d'opérations avancées les plus reculées, le DoD a mis un point d'honneur à diffuser les lectures.

 

Avec l'évolution technologique, le programme s'est élargi à d'autres documents, tels que les CD, DVD, livres audio en téléchargement dés 2005, et enfin les livres numériques en 2007. Et si l'usage des documents physiques n'est pas passé de mode, dans les rangs, on constaterait une explosion de l'emprunt des contenus numériques. Et la documentation professionnelle en premier lieu, notamment dans le cadre de la préparation à des concours internes, mais sans oublier les lectures distractives.

 

Désormais, en raison de coupes budgétaires touchant le financement de l'armée, les services bibliothécaires seraient également concernés. Mais les responsables espèrent en minimiser l'impact et ainsi maintenir la qualité de leurs services aux yeux des usagers. La clé de l'efficacité semble résider dans la possibilité de grouper les acquisitions, numérique par exemple, et de partager ensuite les contenus entre les divers sites militaires.