La bibliothèque nationale de Bosnie menacée, faute de budget

Clément Solym - 13.01.2012

Edition - Bibliothèques - Sarajevo - bibliothèque nationale - financement


Les bibliothèques publiques d'ici et d'ailleurs ne sont pas les seules à connaître des difficultés financières. L'établissement national de Bosnie est en passe de devenir la troisième institution culturelle à fermer ses portes dans le pays, suite à des querelles politiques.

 

Dernier point noir en date : il fait actuellement - 4° à Sarajevo, et à Vijecnica, la bibliothèque nationale, le chauffage a été coupé après que l'on a oublié de payer la facture. Les employés sont donc arrivés avec des couvertures.

 

Située dans le centre de la ville, la bibliothèque s'apprête à connaître les mêmes problèmes que le Musée d'Histoire ou la Galerie d'Art, qui ne pouvaient plus assumer financièrement leurs frais de fonctionnement. 

 

Pour Bedita Islamovic, l'assistante de la direction, l'établissement est toujours en attente d'un miracle, mais celui-ci tarde à venir. Si la fermeture n'est pas encore effective, elle ne tardera plus, en regard des conditions de travail d'un côté, mais surtout de la dégradation des finances, quasi inexorable. 

 

 

Les chiffres et les dettes s'additionnent lourdement : d'abord, les 40.000 € de chauffage qui manquent à l'appel, du fait que la bib' n'a pas reçu ses subventions. Ensuite, les salaires des employés, qui n'ont toujours pas été versés depuis septembre dernier. Au total, 230.000  de frais de fonctionnement qui creusent plus encore les finances de l'établissement.

 

Chaque année, la bibliothèque nécessite 600.000 € de budget pour couvrir ses frais structurels. « Notre personnel n'a pas reçu de salaire depuis septembre l'an passé, mais nous continuons de venir chaque jour travailler, sachant que notre enthousiasme ne réglera pas la dette », poursuit Bedita.

 

Cette situation découle de plusieurs problématiques politiques. D'abord, le pays ne dispose plus de ministère de la Culture, et la plupart des fonds octroyés proviennent du ministère des Affaires civiles. Depuis 2006, ce dernier verse une somme de 1,5 million € à près de 60 institutions du pays, alors que la somme couvre seulement les frais des sept principales institutions.

 

D'autre part, après la guerre, ces sept institutions ont perdu leur statut public, qui leur garantissait un financement sur le budget de l'État. Le gouvernement actuel n'ayant pas encore statué, l'argent manque, et pour tout le monde, contraignant à la fermeture des établissements qui ne peuvent plus subvenir à leur simple ouverture.

 

Dévastée par les flammes en août 1992, la bibliothèque nationale était entrée en chantier à partir de 1997 pour retrouver une certaine apparence...

 


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