La Bibliothèque nationale de France entend ouvrir ses portes à plus de publics

Antoine Oury - 23.05.2014

Edition - Bibliothèques - BnF - contrat de performance - ouverture aux publics


Le contrat de performance signé par la BnF et le ministère de la Culture ne concerne pas seulement des volets budgétaires : au contraire, il s'agirait plutôt de définir des pistes de développement. À ce titre, améliorer l'audience de l'établissement est un point particulièrement important. Si les services sur place sont en première ligne, le numérique n'est pas quantité négligeable.

 


Signature du contrat de performance 2014-2016 de la Bibliothèque nationale de France

Aurélie Filippetti et Bruno Racine

(Actualitté, CC BY-SA 2.0)

 

 

Augmenter la fréquentation de la BnF, dans la bibliothèque de recherche comme dans la partie « publique », autrement dit le Haut-de-Jardin. Pour la première, l'objectif est de moderniser l'espace afin d'élargir son public vers les chercheurs à titre personnel et les publics professionnels. Cela passera notamment par :

  • l'offre numérique : structuration et valorisation de Gallica intramuros, offre numérique exclusive de la bibliothèque physique, valorisation du dépôt légal de l'internet ;
  • les outils et services : modernisation des postes de travail et des interfaces, extension de l'accès distant, équipement en wifi, évolution des systèmes de reproduction, accès sur place aux documents numériques sous droits (Gallica intramuros, archives du Web...) sur les ordinateurs personnels des chercheurs (projet AVEC) ;
  • les nouveaux usages des lecteurs : favoriser le travail en groupe, l'accueil de séminaires, le travail des chercheurs en lien avec leurs communautés, la mise à disposition d'outils méthodologiques, l'interaction entre les lecteurs et la Bibliothèque. 

Mais aussi par des critères d'accueil assouplis, ce qui ne sera pas de trop. Par ailleurs, la zone 1 du quadrilatère Richelieu, qui rouvrira en 2016 sera l'occasion de moderniser les réseaux WiFi.

 

 

Du côté du Haut-de-Jardin

  • la poursuite des adaptations de l'offre documentaire, notamment en direction de certains publics particuliers ;
  • le développement des outils : aide bibliographique en ligne, outils didactiques et de médiation, extension du wifi notamment pour faciliter l'usage de terminaux mobiles ;
  • une interaction accrue entre les activités de lecture et l'offre culturelle de la BnF (espaces Actualité et Patrimoine, manifestations au plus près des collections, ...) ;
  • la communication numérique : refonte du site web, présence sur les réseaux sociaux, interactions croissantes entre les lecteurs et la Bibliothèque.

L'accès à distance aux collections numériques sera également accordé aux lecteurs accrédités, tandis que tous les réseaux de la Bibliothèque seront mobilisés pour une éditorialisation des contenus des collections et de Gallica. 

 

 

Expositions, manifestations, colloques seront au coeur de la politique d'attraction du public de l'établissement. La Bibliothèque de l'Arsenal accueillera une « maison des métiers du livre », ouverte aux publics et aux professionnels. La plupart des espaces du site François Mitterrand seront réorganisés, afin d'améliorer la capacité d'accueil des visiteurs.

 

Outre les différents sites physiques, la plateforme Gallica restera la pièce maîtresse de la présence de la BnF sur le Web. « Financements sur fonds propres, subventions CNL, mécénats d'entreprise, de fondation ou individuels, financements par projets de recherche et mobilisation des crédits « Investissements d'Avenir » du Commissariat général à l'investissement (projets conduits par la filiale BnF-Partenariats) » seront les leviers utilisés par le Paquebot pour atteindre un objectif d'« exhaustivité dans le domaine des livres imprimés du fonds français libre de droits ».

 

Sur ce point, la BnF précise que 30 % des numérisations seront dirigées vers les collections d'autres établissements (selon les programmes thématiques ou des documents d'intérêt régional), tandis que, sur la période 2014-2016, 10.000 EPUB au format DAISY, accessibles au public en situation de handicap visuel, seront produits. Les numérisations de pages de presse au profit de Gallica verront leur cadence augmenter, passant de 350.000 pages par an à 500.000 dès cette année.

 

Concernant les documents numérisés dans le cadre des accords avec BnF-Partenariats, la filiale commerciale de la BnF, ils seront comme annoncé accessibles intramuros, mais seuls 5 % du volume sera accessible via Gallica, étant donné que les oeuvres sont « encore sous droit », souligne la BnF. « Ainsi, à horizon 2016, ce sont 22 000 livres anciens et 73 000 disques (soit 350 000 titres) qui seront accessibles dans Gallica intramuros, 1 000 livres anciens et des extraits de l'ensemble de l'offre sonore seront consultables à distance. »

 

Au niveau international, les programmes de numérisation partagés seront poursuivis avec le Brésil, la Chine et le Japon, tandis que celui avec l'Inde entrera en phase préparatoire sur la période 2014-2015. La BnF contribuera également « à la création des bibliothèques nationales du Liban, de Madagascar, de Maurice ou encore du Qatar ou de Bahreïn ».