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La Bibliothèque Nationale des Pays-Bas redoute "l'âge sombre"

Clément Solym - 23.04.2012

Edition - Bibliothèques - archives - numérique - émulation


La Bibliothèque Royale (KB) des Pays-Bas s'interroge sur la pérennité des données numériques. Avec la mise à jour systématique des logiciels et du matériel, elle pointe du doigt la possibilité de perdre certaines données en raison même de l'avancée des solutions matérielles et logicielles. 

 

La Bibliothèque Royale fait un constat pour le moins inquiétant, suite à ses travaux au sein du projet KEEP destiné à favoriser l'accès aux archives numériques à l'avenir. Si les archives numériques se multiplient, l'avancée constante des matériels et logiciels pourrait laisser dans l'ombre ces données stockées pour le futur.

 

 

Il s'agit de démontrer que le matériel que nous utilisons ne cesse de s'améliorer, ainsi que les systèmes d'exploitation (dont les nouvelles versions se multiplient à un rythme effréné) et les logiciels... peut-être au détriment de la conservation et l'exploitation de données à l'avenir.

 

« Pour les particuliers, cela représente déjà un problème (…), mais pour les chercheurs, les bibliothèques, et les institutions chargées de la préservation du patrimoine, une perte importante d'informations pourrait être avérée d'ici quelques années. Il est même question d'un 'âge sombre' », estime un communiqué.

 

La KB se veut cependant optimiste. Il existe des solutions, et la plus intéressante d'entre elles, pour le projet KEEP, serait l'émulation, qui désigne un procédé de simulation logicielle d'un matériel plus ancien, dans le but d'exécuter certaines fonctions plus anciennes ou imprévues. Il s'agirait en fait de combattre le vieillissement des données en permettant aux machines et logiciels modernes de simuler l'activité d'un logiciel ou d'un matériel plus ancien. KEEP a trois ans pour travailler sur des solutions techniques pouvant permettre cette émulation.

 

Le projet se heurte cependant à quelques incompatibilités contenues dans la législation europénne. Les émulateurs pourraient ne pas être systématiquement utilisés pour des raisons de brevets. Ainsi, comme le précise le communiqué, « les émulateurs ne pourront être utilisés si aucun brevet n'est revendiqué. Il est légalement presque impossible de préserver l'héritage numérique pour l'avenir ». 

 

Le chemin est encore long, mais le Parlement Européen aurait déjà été averti des enjeux contenus dans ce projet.