La bibliothèque publique de Brooklyn en manque de fonds

Xavier S. Thomann - 06.02.2013

Edition - Bibliothèques - Bibliothèque publique - Brooklyn - Quartier d'affaires


Il n'y a pas que les particuliers qui souffrent des prix de l'immobilier dans les grandes villes. La Brooklyn Public Library connaît en ce moment des soucis de cet ordre et va tenter d'y remédier avec des solutions plus ou moins convaincantes. Ils ont l'intention de vendre l'une de leurs bibliothèques à un promoteur immobilier, à condition que ce dernier ménage une petite place pour une nouvelle bibliothèque sur le site. 

 

 

Brooklyn Bridge I

phvolmer, CC BY 2.0

 

 

Alors qu'en Grande-Bretagne, les bibliothèques publiques ferment tous les jours (ou presque), nos amis américains n'hésitent pas à faire entrer de l'argent dans les caisses en réduisant l'espace occupé par ces lieux culturels. Car il n'est pas question de fermer définitivement tous les sites, mais bien de diminuer l'importance de certains d'entre eux en termes de mètres carrés. 

 

Aussi, le site de Brooklyn Heigts, situé sur Cadman Plaza, pourrait être vendu à un promoteur pour y construire des appartements, à condition, comme nous l'avons dit, de laisser un petit espace pour une bibliothèque. La raison de ce choix semble résider dans le coût trop élevé que représenterait une restauration de ce lieu vétuste — le système de climatisation a connu de nombreuses pannes l'été dernier. 

 

Pour l'heure, la presse new-yorkaise annonce une fermeture au cours de l'année 2017. Le promoteur immobilier devra quant à lui « intégrer une bibliothèque au premier étage », d'après le porte-parole des bibliothèques publiques de Brooklyn. 

 

Savoir exactement quelles conséquences les usagers vont subir est assez complexe. Les bibliothèques publiques se trouvent dans une situation paradoxale dans ce borough de New York. La BPL a besoin d'environ 230 millions de dollars pour réaliser des travaux de restauration et d'entretien. D'un autre côté, la fréquentation est au beau fixe. 

 

Autrement dit, alors que les lecteurs répondent présents, l'institution envisage néanmoins de fermer certaines branches (au nombre de 60 actuellement). De plus, les décisions semblent davantage prises en fonction de considérations immobilières plutôt qu'en fonction du bon sens. 

 

Prenons l'exemple de la bibliothèque de Brooklyn Heights. Clairement, les responsables entendent profiter la grande valeur marchande de certains des biens immobiliers dont ils disposent. C'est le cas du site de Cadman Plaza. Or, cette bibliothèque renferme la Business Library. Logique dans la mesure où la bibliothèque se situe dans un quartier d'affaires. En déplaçant cette bibliothèque, même provisoirement, celle-ci risque de perdre en fréquentation, en l'éloignant de la zone où se trouvent les usagers potentiels. 

 

Du coup, il n'est pas étonnant que certains mettent en avant qu'une bibliothèque n'est pas une entreprise dont le but serait de faire de bonnes affaires, immobilières par exemple.