La biographie inachevée de Delarue : "une bombe éditoriale"

Clément Solym - 27.08.2012

Edition - Société - Jean-Luc Delarue - Autobiographie - Livre


Le ténor des médias et parfois de la polémique Jean-Luc Delarue, emporté par le cancer la semaine passée, avait encore des pages à écrire. Il s'était lancé dans la rédaction d'une autobiographie depuis trois ans. Ce livre était attendu par certains de ses proches comme une véritable bombe éditoriale. Il se destinait à raconter la part méconnue de son histoire, mais également à placer le monde de la télévision et du show-biz au centre du débat, à la manière dont le producteur avait le secret. 

 

 

 

 

La maison d'édition Léo Sheer avait été pressentie pour la publication de l'ouvrage. Celui-ci aurait dû s'intituler Serviteur Public. Le belge François Weyergans, primé au Goncourt en 2005 et membre de l'Académie Française, collaborait à l'écriture.

 

En septembre 2009, une histoire de cambriolage aux éditions Léo Scheer, dévoilée par Le Parisien, faisait les gorges chaudes de la presse. En effet, le journal annonçait que l'autobiographie de l'animateur avait été dérobée. Sauf que l'éditeur, contacté par ActuaLitté, nous informait que non seulement il n'avait été dérobé que des tickets-restaurants, mais surtout, que si JLD était bien venu faire une lecture chez l'éditeur, aucun contrat ne liait les deux parties. (voir notre actualitté)

 

Peu de confessions publiques

 

Jean-Luc Delarue se confiait parfois aux médias, sans toutefois s'attarder sur les détails de sa vie familiale ou sur les faits ayant marqué ses jeunes années et qui ont pu laisser parfois des cicatrices. Si l'homme était plutôt demeuré secret sur ces sujets intimes, il avait néanmoins fait face à la critique à l'occasion de quelques sulfureuses affaires qui avaient attiré sur lui les projecteurs. Au cours de sa dernière intervention télévisée, il annonçait au public qu'il luttait contre la maladie. 

 

Au cours de ses déboires en garde à vue, le producteur avait déclaré que l'écriture de ce livre l'éprouvait et l'incitait à consommer alcool et drogues jusqu'à l'excès. « Je prenais de la coke pour tenir debout après une consommation excessive d'alcool. Il y a 18 mois, je me suis lancé dans l'écriture d'un livre qui retraçait ma vie. Certains traumatismes d'enfance ont ressurgi et j'ai commencé à cautériser avec de l'alcool. Et puis on m'a proposé de la cocaïne... » 

 

Les confessions inachevées comptent une centaine de pages. Celles-ci reposent actuellement dans le coffre fort de son auteur, et il est trop tôt pour savoir si elles seront publiées un jour.

 

Hommages divers

 

Un proche de Delarue a expliqué au journal de France 2 : « La seule autocritique qu'il s'autorisait concernait ses réactions impulsives, ses déséquilibres et bouffées d'agressivité. Le livre aurait eu l'impact d'une véritable bombe éditoriale. On peut parler de règlements de compte avec les dirigeants du service public depuis [Jean-Pierre] Elkabach jusqu'à ceux d'aujourd'hui. Il racontait de façon sèche ses conflits, sur un ton incisif, parfois avec humour au fil de retranscription de dialogues. »

 

La chaîne de télévision rendra hommage demain soir au présentateur. Une émission spéciale, à partir de 22 h 30 rassemblera de nombreux invités autour d'images d'archives et autres souvenirs à partager avec l'audience.  Pour sa part, la ministre de la Culture avait, dans un communiqué, salué la mémoire de JLD. « C'est avec tristesse que nous apprenons le décès de Jean-Luc Delarue. Il fut un animateur de talent, reconnu par le grand public, qui aura marqué la télévision des années 90 et 2000. Jean-Luc Delarue a affronté ses faiblesses et la maladie avec courage. Nos pensées vont à sa famille et à ses proches. »