La BnF et Gallica : quelques chiffres autour des perspectives 2010-2011

Clément Solym - 10.05.2010

Edition - Bibliothèques - bnf - gallica - perspectives


Rappelé à l'ordre par un internaute pour le manque de données chiffrées autour de la BnF et Gallica : perspectives de numérisation 2010-2011,  voici venu le temps d'en donner quelques-unes. Jusqu'ici nous étions dans le doute : le gouvernement allait-il enfin se sortir de ce pétrin politique et faire mentir les prévisions du contrat de performance de la BnF ? Un lévier efficace de développement allait-il voir le jour ? Depuis, nous avons été rassurés. Les rapports Albanel et ??? tournent largement autour du pot.

Un million de documents numérisés
: la répartition

D'après un communiqué de presse de la BnF (24/02/2010) on trouve la répartition suivante :
  • 155 585 livres
  • 698 446 revues et journaux
  • 120 102 images
  • 9759 cartes et plans
  • 4600 manuscrits
  • 2435 partitions
Ainsi que « 22000 ouvrages choisis par les éditeurs qui restent protégés par le droit d’auteur » qui s'incrivent dans un projet sur lequel nous reviendrons.

Gallica est très majoritairement occupé par la presse, qui représente presque 70 % des fonds. La BnF et Gallica ont très tôt axé leur programme sur ce thème, et continueront de le faire. La BnF espère achever en 2010 la numérisation en cours « des 31 titres de presse française du XIXè et du XXè siècles (soit au total 3,5 M de pages) » et relancer « un nouveau programme d’envergure de numérisation afin d’assurer sa conservation et sa communication la plus large au public ».
Sur ces dix dernières années, ce mouvement s'est peut-être fait au détriment du reste.

Dans ce tableau, les livres sont présents dans des proportions tout à fait dérisoires. Que sont ces 150 000 livres face aux 12 millions de Google ?

C'est un chantier à peine entamé, qui devrait se développer « soit par le mécénat soit par des ressources spécifiques, de nature privée ou publique ». Des systèmes comme Adopt a Book (un particulier prend en charge les frais inhérent à la vie du livre), mis en place par la British Library, pourraient voir le jour en d'ici 2011, en parallèle de l'Association des Amis de la BnF.

Face à ce vide, on comprend mieux l'accent mis sur les d'ouvrages phares, comme les manuscrits de Zola ou flaubert ; les estampes de Dürer ou Goya. L'arbre qui cache la forêt ? Mais non : la Bibliothèque numérique de France espère ainsi se distinguer des autres bibliothèques numériques et proposer une véritable identité patrimoniale.

Des efforts, tout de même

L'avancée du projet de numérisation connait une accélération : début 2009 le nombre de documents numérisés était de seulement 800 000 ;  le million a été franchi début 2010 ; la valeur cible pour 2011 - en début d'année - est 1 292 000. Pour ces valeurs, on est forcé de se fier au contrat de performance de la BnF . Néanmoins, la répartition des titres n'est pas connue, et devrait être majoritairement occupée par la presse.


L'objectif est de devenir une bibliothèque numérique de référence : mission difficile pour une institution prise dans un casse-tête politique. Qui sait, peut-être qu'un jour la BnF atteindra ses objectifs.

On peut poursuivre la lecture avec quelques données chiffrées sur les prétentions de Gallica. Ou s'arrêter là.