La British Library censure les photos de salles de lecture sur Twitter

Antoine Oury - 25.03.2014

Edition - Bibliothèques - British Library - photographies - interdiction


Tous les lieux publics ne sont pas enclins aux photographies : les musées, particulièrement, entendent réguler avec plus ou moins d'investissement les clichés pris entre leurs murs. Surprise, cependant, le 21 mars dernier : un journaliste ayant tweeté une photographie prise en salle de lecture de la British Library, s'est vu demander une suppression pour non-conformité aux règles de l'établissement.

 

 


 

 

Le tweet ci-dessus, posté par le journaliste John Gapper, du Financial Times, répondait à un autre, posté par un confrère : les deux hommes y expliquent que leurs « bureaux » respectifs étaient, pour la journée, au sein de bibliothèques publiques. Un bel hommage à l'accessibilité de ces établissements et à leur richesse documentaire, que la British Library, où se trouvait John Gapper, n'a visiblement pas apprécié.

 

En effet, une heure plus tard, la British Library a répondu, via Twitter, au journaliste, en lui demandant de supprimer le cliché.

 

 


 

 

Le premier journaliste, Mathew Ingram, journaliste du site américain GigaOm, a demandé des explications à l'établissement pour cette étrange censure, de la part d'une bibliothèque. Le community manager de la British Library ne s'est pas démonté, et a cru bon de se prévaloir du copyright : « Sur les collections : règles du copyright. Sur les lecteurs : ils n'ont pas fourni d'autorisations pour être photographiés. »

 

Il s'est ensuite enfoncé dans des explications assez obscures, évoquant les règles de la copie privée ou le cas d'un compte Twitter fermé pour avoir tweeté le film Top Gun image par image. Ce qui n'expliquait pas pourquoi la photographie d'une salle de lecture sur laquelle aucun visage n'était reconnaissable devait être supprimée.

 

Le British Library s'est finalement excusée au nom de la personne qui gérait son fil Twitter, pour avoir invoqué le copyright sans raison valable. Toutefois, elle a rappelé que l'usage des appareils photos et smartphones était interdit au sein de l'établissement, « pour des raisons de vie privée et de considérations vis-à-vis des autres lecteurs ».