La British Library envisage de stocker Twitter dans ses archives

Clément Solym - 20.09.2010

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Faut-il préserver les tweets publiés par Stephen Fry ou ceux de David Abiker, ou même ceux de ActuaLitté ? Bon, ceux de Luc Chatel, la réponse est facile, mais pour les authentiques auteurs ?

Eh bien la B ritish Library se pose actuellement la question. Dame Lynne Brindley, directrice générale, qui s'exprimait durant The Independent Woodstock Literary Festival, pose le problème simplement : Twitter, Facebook ou les blogs nécessitent-ils le même travail d'archivage que celui des livres ? Alors que la Library of Congress vient de décider d'archiver les tweets, la question se propage donc.

Des archives nouvelles

Contenant dans ses archives des documents du XIXe siècle, soit autant de magazine éphémère ou de revues spécialisées qui n'auront pas connu de vie très longue, la British Library est en proie à un dilemme. Archiver ou ne pas archiver, et donc collecter, les messages des réseaux sociaux, ou alors d'autres outils internet que l'on n'a pas encore découverts ? Ces documents viennent alimenter la vie quotidienne et pourraient devenir une part essentielle dans la compréhension historique, culturelle et sociale.

Dans ce contexte, occulter la présence de Google serait une erreur. Pourtant, estime-t-elle, si Google est grand, il ne peut pas être un substitut à une réelle bibliothèque. « Le monde de l'imprimé est loin d'être mort et notre collection d'imprimés augmente chaque année. »

Ouvertes vers les prochaines générations

Dans cette perspective d'augmenter ses stocks d'archives, la Britiosh Library a ouvert un minisite 2020 Vision, qui vise 5 thèmes principaux. Garantir l'accès pour les générations futures aux documents, permettre l'accès à tous ceux qui veulent se lancer dans la recherche, soutenir les communautés de chercheurs dans les domaines clefs, pour en retirer des avantages sociaux et économiques, enrichir la vie culturelle de l'Angleterre, collaborer à la création d'une base de savoirs qui soit la plus complète au monde.

Selon Dame Lynne Brindley, ce projet découle de toute une année de consultation et d'expertises. Il ouvre également des perspectives à long terme. « Si nous, en Grande-Bretagne, pouvons sauvegarder notre patrimoine intellectuel et nous assurer qu'il soit utilisé par les générations futures de chercheurs, il est essentiel que fassions un pas en faveur d'un changement dans la quantité de contenus numériques que nous recueillons, stockons et rendons disponibles. »