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La British Library, le copyright et l'archivage de sites internet

Nicolas Gary - 20.12.2013

Edition - Bibliothèques - British Library - archivage - sites internet


Depuis plusieurs mois maintenant, la British Library s'est lancée dans l'archivage de toutes les parutions numériques du Royaume de Sa Majesté. Les six plus importants établissements du pays se sont mis à inventorier et stocker les documents, pour arriver à la constitution d'un stock d'archives numériques officielles. Et pour ce faire, les titres de presse devaient faire parvenir leur édition. 

 

 


 

 

Mais une bonne idée est souvent accompagnée de tristes réalités, et si l'institution a rendu son système d'archivage accessible au public, il faudra que le public se rende dans l'une des six bibliothèques partenaires pour pouvoir consulter les documents. La loi sur le dépôt légal exige en effet qu'en respect des législations sur le copyright, l'accès aux documents soit restreint. 

 

Selon la BBC, la querelle juridique entre les éditeurs britanniques et la British Library dure depuis une longue dizaine d'années - en 2003, la Legal Deposit Libraries Act contraint les établissements à des mesures restrictives.

 

Les modifications longtemps espérées ne semblent pas se profiler pour l'heure. « Faire des copies archivées de contenus disponibles en ligne, et leur permettre d'être indexés par les moteurs de recherche pourrait affecter le volume de trafic d'internautes sur les sites en direct et nuire à leur modèle économique », assure la British Library.

 

Des milliards de pages ont déjà été recensés, mais dans le même temps, les atermoiements et les différentes obstructions des éditeurs ont entraîné la disparition de millions de pages web que l'on en reverra plus jamais, ajoute-t-on. C'était pourtant en vue de préserver les sites du trou noir numérique que le projet d'archivage avait été mis en place. 

 

Et la disparition des pages implique bien entendu qu'une partie du patrimoine numérique britannique ne sera plus jamais accessible. Après les attentats de Londres, en 2005, le trou noir numérique avait déjà commencé à pointer le bout de son antimatière, et bon nombre de contenus furent avalés à cette époque. 

 

Pas d'accès en ligne, donc, et des années de tergiversations, pour s'apercevoir que les lois sur le copyright et leur application excessive sont des vues à court terme... Finalement, le droit d'auteur ne protège pas forcément la culture, il parvient aussi à la défendre contre les citoyens...

 

Cela dit, ne croyons pas que l'on est mieux logés en France...