La campagne électorale au Québec mobilise l'industrie du livre

Cécile Mazin - 11.03.2014

Edition - International - UNEQ - écrivains - culture québécoise


Les auteurs du Québec entendent bien profiter de la situation politique actuelle pour attirer l'attention, au cours de la campagne électorale, pour inviter les candidats à débattre d'un sujet de société qui les préoccupe particulièrement. En effet, il s'agit que les politiques prennent des engagements « fermes » à l'égard des spécificités que la culture québécoise est en droit de revendiquer. 

 

 

QUEBEC 1976 ---PASSENGER PLATE, 76 SUMMER OLYMPICS 122L499
woody1778a, CC BY SA 2.0

 

 

L'Union des écrivains et écrivains québécois, UNEQ plaide depuis nombre d'années pour un enseignement plus large et systématique de la littérature québécoise à tous les niveaux d'enseignement. Elle est d'avis qu'il faut accroître la place de la littérature dans les programmes scolaires et renforcer la formation des maîtres en cette matière puisqu'ils jouent un rôle-clé dans la revalorisation du patrimoine littéraire québécois auprès des élèves.

 

L'organisation demande également aux partis politiques de s'engager à poursuivre la démarche d'accompagnement amorcée par le ministère de la Culture et des Communications en vue d'arriver à un consensus entre écrivains et éditeurs au sujet des pratiques contractuelles, la Loi sur le statut professionnel des artistes des arts visuels, des métiers d'art et de la littérature étant inopérante à ce chapitre depuis vingt ans.

 

Elle insiste en outre pour que le futur gouvernement soutienne les créateurs en respectant le droit d'auteur dans le renouvellement de ses ententes avec les sociétés de gestion pour la reproduction des œuvres protégées ainsi qu'à l'intérieur des institutions relevant de sa compétence. Plusieurs millions de dollars de redevances sont en cause annuellement.

 

Il serait en effet temps de bonifier le régime de déductions fiscales qui s'applique aux écrivains professionnels. À l'heure actuelle, les revenus de droits d'auteur sont exempts d'impôt jusqu'à concurrence de 15 000 dollars. Malheureusement, seule une infime minorité d'écrivains a la chance de se prévaloir pleinement de cet avantage puisque le revenu annuel médian des auteurs se situe à 2 450 dollars, selon le portrait des conditions de pratique brossé par l'Observatoire de la culture et des communications.

 

La déduction devrait ainsi être élargie pour inclure les programmes de bourses aux écrivains du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ). Dans le même ordre d'idées, l'UNEQ réclame une augmentation du budget du CALQ pour contrer le sous-financement de ses programmes d'aide à la création et lui permettre d'apporter aux associations régionales le soutien dont elles ont besoin pour mener à bien leurs projets.

 

Enfin, l'UNEQ rappelle avec force la nécessité d'adopter sans tarder une réglementation du prix du livre neuf imprimé et numérique pour contribuer à la survie du réseau de librairies indépendantes et assurer une diversité de l'offre littéraire en français.

 

La présente joute électorale qui met l'économie et la question identitaire à l'avant-scène devrait faire une place de choix à la contribution des écrivains à la vie culturelle du Québec. Plus de 12 000 emplois directs sont en jeu dans le seul secteur du livre qui procure des revenus de près de 700 millions de dollars annuellement. L'existence de centaines de petites et moyennes entreprises dépend de la création littéraire et de toute l'activité qu'elle génère. Les partis politiques qui veulent faire du développement économique du Québec une priorité doivent en prendre acte.