La célébrité, quelle plaie : Lewis Carroll en regretterait son Alice

Cécile Mazin - 21.03.2014

Edition - Société - Lewis Carroll - célébrité - vente aux enchères


Rédigée en 1891, la lettre manuscrite de Lewis Carroll a été mise aux enchères ce 19 mars, et adjugée pour un montant de 11.875 £. Charles Lutwidge Dodgson écrivait à son amie Anne Sumonds, plus d'une vingtaine d'années après la parution du livre Alice au pays des merveilles, et de sa suite, De l'autre côté du miroir. Il y raconte combien il déteste la gloire et le succès littéraires que lui ont procurés ces ouvrages. Autant que l'aversion d'être reconnu dans la rue par des étrangers.

 

 

 

 

L'anonymat était quelque chose auquel tenait beaucoup Carroll. Dans cette lettre inédite, il se plaint de l'esclandre autour de ses livres, et du fait que son pseudonyme ne soit plus suffisant à garantir son anonymat. « Tout ce tapage a fait que des individus ont entendu mon vrai nom, l'ont lié au livre, à ma personne et je suis observé par des étrangers, considéré comme un "lion" ».

 

Comprendre, un lion en cage. Il se sentait prisonnier, et déplorait surtout qu'on lui reprochât de faire preuve de snobisme : « Nous ne somme pas fait de la même manière, ce que nous aimons ou détestons diffèrent grandement. »

 

Il aurait même préféré « n'avoir jamais écrit aucun livre », jure-t-il, tant « je déteste tout cela si intensément ». Il était notoire que le romancier était un brin timide, et ne supportait que mal d'être interpellé dans la rue. La lettre était évaluée entre 3000 et 4000 £, pour l'enchère, mais son succès aura été largement au-delà. 

 

 

 

 

Pour tenter de se débarrasser des importuns, Dodgson, dès qu'il recevait une lettre adressée à son véritable nom, renvoyait illico un courrier démentant avoir la moindre relation avec l'auteur d'Alice, ni même avoir lui-même écrit de livre.

 

Deux photographies de Carroll étaient également mises en vente pour l'occasion : l'une présentait une jeune fille assise, l'autre un garçon de trois ans sur une couche. L'ensemble des ces oeuvres furent placées sous le marteau à l'occasion d'une vente où des éditions originales de Pride and Prejudice de Jane Austen ou encore A Tale of Two Cities de Dickens furent également proposés.