La censure de livres dans les prisons américaines s'assouplit

Clément Solym - 10.01.2018

Edition - International - prison livres lecture - prisonniers accès livres - libertés civiles lecture


Le contrôle exercé sur les lectures des prisonniers, aux Etats-Unis, semble s’adoucir. Du moins l’American Civil Liberties Union vient-elle de remporter une victoire pour l’accès à un ouvrage spécifiquement. Publié en 2010, ce dernier raconte l’incarcération de masse des Afro-américains. Et fut interdit dans deux prisons du New Jersey...

 

Chainlink Prison Fence
Jobs For Felons Hub, CC BY 2.0

 

The New Jim Crow: Mass Incarceration in the Age of Colorblindness, de Michelle Alexander, a fini par attirer l’attention de l’ACLU. Selon sa thèse, les Afro-américains avaient été pris pour cible dans la guerre menée par le pays contre la vente de drogue. Mais de ce fait, ils étaient plus susceptibles d’être arrêtés et emprisonnés, pour infraction criminelle. Une forme de ségrégation raciale dénonçait l’auteure.

 

Interdire la lecture de cet ouvrage, a fini par explique l’ACLU, était alors « profondément ironique, malavisé et néfaste. C’est également anticonstitutionnel », pointe l’organisation dans un courrier adressé au New Jersey Department of Corrections. Attend que deux établissements pénitenciers avaient décidé d’en interdire la lecture aux personnes incarcérées, l’effet ricochet ne s’est pas fait attendre.

 

Or, le New Jersey n’est pas l’unique État à s’être fait tirer l’oreille pour avoir banni des titres. Dans l’État de New York, les prisonniers ne peuvent pas même recevoir des ouvrages de personnes situées hors de la prison. On redoute que les bouquins ne transportent drogue, arme ou autres joyeusetés...

 

Mais la pression qu’a exercée l’ACLU a fini par payer : les interdictions ont été levées et le livre de Michelle Alexander est devenu accessible. Accuser un État de violer la liberté d’expression fait toujours son petit effet outre-Atlantique. 

 

D’ailleurs, indique le DoC du New Jersey, la politique éditoriale pour les prisons est en cours de réévaluation. Il se pourrait bien que les décisions d’interdire tel ou tel livre, prises au cas par cas, cessent. L’ACLU l’avait d’ailleurs joué finement : en vertu de l’actuel code régissant les interdictions de documents, seuls peuvent être mis en avant des ouvrages contenant des informations par nature violentes. 

 

On parle ici de renseignements permettant de concevoir des explosifs, ou plus largement des armes, mais aussi tout ce qui serait de nature à menacer la sécurité à l’intérieur d’une prison. Loin, très loin, de l’essai publié par Michelle Alexander, qui n’a pas manqué de remercier l’ACLU pour ses efforts en faveur de la liberté d’expression. 

 

Comme je l’ai écrit dans mon dernier post, The New Jim Crow a été banni d’un certain nombre de prisons dans le pays.


 

« Évidemment, le livre de Michelle Alexander parle de la guerre contre la drogue, mais pas de tactique ni de faits qui s’avéreraient dangereux », concernant la vie en prison, assure Alex Shalom, avocat de l’ACLU.  

 

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pas Shakespeare

 

Books Through Bars, groupe à but non lucratif, qui expédie des ouvrages aux prisonniers, s’était joint à l’organisme pour dénoncer la bêtise du New Jersey. Selon le BTB, la politique menée conduite tout bonnement à ce qu’aucun livre « aidant les gens à apprendre comment surmonter leur dépendance ou s’améliorer en tant que parents » ne serait autorisé. Il reste donc beaucoup à faire...

 

 

via NBC News

 




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