La chaîne de librairies Weltbild vend la moitié de ses boutiques

Antoine Oury - 19.02.2015

Edition - Librairies - Weltbild insolvabilité - revente librairies chaîne - rachat Rüdiger Wenk Lesensart


La chaîne de librairies allemande Weltbild, propriété du groupe éditorial du même nom, a annoncé vendredi dernier qu'elle se séparait de 70 boutiques, sur les 145 qui constituent le réseau. Un repreneur s'est rapidement manifesté, en la personne de Rüdiger Wenk, à la tête des librairies Lesensart. La vente n'est pas encore conclue, et les salariés sont dans l'attente.

 


Filiale Thun

Vitrine d'une librairie Weltbild (Weltbild Verlag GmbH, CC BY 2.0)

 

 

En cédant pratiquement la moitié de ses points de vente, le groupe Weltbild rappelle malgré lui que sa situation est toujours aussi problématique. Dès janvier 2014, le groupe, géré par 12 diocèses catholiques, était déclaré insolvable : on parlait alors d'un besoin urgent de 135 millions €, quand seulement 65 millions pouvaient être assurés par les diocèses. 

 

Le fonds d'investissement allemand Droege International Group était alors intervenu en tant que nouvel actionnaire majoritaire, en juillet 2014. Il promettait 20 millions € supplémentaires au capital du groupe, ainsi que le prêt d'une somme non précisée pour combler les déficits et maintenir la boutique à flot, en échange de 60 % des parts de Weltbild.

 

L'injection de liquidités n'aura visiblement pas suffi, et Weltbild a annoncé la vente de ces 70 boutiques, en mettant en avant des loyers élevés et des chiffres d'affaires trop faibles. Le groupe a assuré que la masse salariale serait reprise avec les locaux par le repreneur, mais a également annoncé l'ouverture de 10 nouvelles boutiques, l'année prochaine, dans des lieux jugés plus vendeurs.

 

Un acteur intéressé aurait déjà été trouvé pour les 70 boutiques, même si le groupe précise que « la vente n'est pas gravée dans la pierre ». Il s'agit de Rüdiger Wenk, propriétaire de la chaîne de librairies de taille moyenne Lesensart : d'après les quelques informations disponibles, il envisagerait de reprendre et faire perdurer les contrats des salariés. Le potentiel propriétaire a également révélé son « programme », en 14 points : il envisage notamment d'offrir plus d'indépendance aux boutiques, ou encore de les concentrer uniquement sur le commerce de livres.

 

Les salariés ne dissimulent pas leur inquiétude, malgré tout, et le syndicat VerDi a critiqué une décision « contre-productive » de Weltbild, qui prive le groupe des relais nécessaires à une approche multicanal alliant réseau de boutiques et site internet.