La Chambre de Commerce britannique plaide pour les librairies

Antoine Oury - 09.09.2014

Edition - Economie - taxes commerciales - Royaume-Uni - librairies indépendantes


John Longworth, le directeur général de la Chambre de Commerce du Royaume-Uni, a signé hier une tribune dans le Huffington Post, dans laquelle il demande au gouvernement de mettre en place « un plan d'affaires pour la Grande-Bretagne ». Parmi les quelques mesures du Business Manifesto publié en parallèle, on trouve le gel des taxes commerciales, une revendication de longue date de la Booksellers Association.

 

 

Tim Walker (Bookseller's Association) - London Book Fair 2014

Tim Walker, président de la Booksellers Association (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

Tribune et manifeste reviennent sur de nombreux points de l'économie britannique, des limitations des exportations aux infrastructures de transport, mais le gel des taxes commerciales fait partie des mesures les plus suivies. D'après la Chambre, il serait nécessaire — voire salutaire — de geler les taxes commerciales des sociétés jusqu'en 2017.

 

« Les sociétés du Royaume-Uni font face aux plus imposantes taxes commerciales sur la propriété en Europe, et le système actuel est en contradiction avec l'ambition du gouvernement britannique, présenter un des systèmes fiscaux les plus aboutis du G20 », note un porte-parole de la Chambre, interrogé par The Bookseller.

 

Investissements, emplois et, à terme, bénéfices quitteraient ainsi le domaine du rêve pour des milliers d'entreprises du pays, assure la Chambre. Le parlement britannique se prononcera prochainement sur quelques grandes mesures économiques, mais aussi sur le statut du Royaume-Uni par rapport à l'Union européenne, et son intégration dans le Marché Commun.

 

Pour les libraires indépendants, le manifeste de la Chambre porte une de leurs revendications majeures. En 2013, 67 librairies fermaient leurs portes, contre 26 ouvertures seulement. La raison invoquée pour expliquer ces mauvais résultats n'était pas à chercher du côté de la concurrence en ligne, mais plutôt au sein des factures, celles des loyers et des taxes commerciales.

 

Pour aller plus loin : Étude : "Rien ne prouve que les ventes Internet fragilisent la librairie"

 

« Depuis quelques années, il y a un changement en faveur des librairies : les gens cherchent une expérience qui n'existe pas dans les supermarchés. Les ventes des libraires indépendants sont d'ailleurs restées constantes, et ont même pu augmenter. Cela montre bien que les clients restent fidèles à ce mode d'achat », expliquait Tim Walker, président de la Booksellers Association, à ActuaLitté lors de la Foire de Londres 2014.

 

« Les taxes commerciales sont un véritable problème pour les libraires indépendants. Le système utilisé par le gouvernement pour taxer les propriétés commerciales est obsolète, et doit être modifié. Le consortium des commerces et la BA concentrent leur lobbying sur ce point particulier », ajoutait-il.