Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

La chienne, éditeur punk, activiste graphique

La rédaction - 04.04.2017

Edition - Les maisons - chienne éditions Tachdjian - éditeur punk activiste graphique


Comme son chat qui en course un autre, dans son jardin tourquennois, alors que nous bavardons, Jean-Jacques Tachdjian sait rebondir et défendre son indépendance artistique.


Une naissance lilloise voilà 60 ans dans un ancien relais de poste de Moulins, une adolescence en foyer (« Je m’étais barré après la seconde »), un compagnonnage en squat avec Benoît Delépine (futur réalisateur, auteur des Guignols de l’info), le métier de graphiste comme une évidence en 1982, un job temporaire au studio Horizon (Publicis), la création jubilatoire d’invraisemblables polices de caractère...

 

 

 

Et soudain... « Sortez la Chienne ! »

 

On est en 1986, le graphzine vivra six ans, mais JJT a trouvé son identité : son manifeste psychédélique s’imprime, son profil d’éditeur « punk de quartier » (dit-il) s’affirme. Encore un an et il se laissera pousser une barbiche de lutin. Encore deux ans et il se « rasera la boule », sera chanteur et bassiste d’un groupe de rock...

 

Trente ans plus tard, alors qu’il parle comme une mitraillette dans sa maison-atelier, son T-shirt « La Chienne » (du nom de sa maison d’édition) semble braver le temps et le froid de sa cuisine. Son look, barbiche et crâne lisse, a franchi les époques loin des académismes. On n’a pas voulu de lui comme prof aux Beaux-Arts de Tourcoing ?

 

JJT trace sa route hors convenances, intègre, talent reconnu par ses pairs, peut-être la seule célébrité nordiste à pointer au RSA. Même s’il a participé à la foire Art Up de Rouen cette année, ce cousin des comics underground américains n’a guère l’âme business.

 

Le typographe irrévérencieux et ironique a attendu 2010 pour obtenir son premier diplôme d’art (un DNSEP), à l’École des Beaux-Arts du Havre. L’activiste graphique a publié la même année un catalogue de la première rétrospective de la « figuration spéculative » : la Maison Folie de Wazemmes présentait cet éphémère mouvement de Berlin-Est né comme Tachdjian en 1957. Quand « La Chienne » de JJT croque un livre, c’est d’un coup.

 

« Je viens de faire un livre de 208 pages en une semaine, graphisme et édition, à la demande de Numa Hambursin » (directeur artistique du Carré Saint-Anne à Montpellier). Vital. Car pour JJT, « l’image transcende la mort ».

 

Retrouver La Chienne éditions.

 

Geoffroy Deffrennes

 

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en partenariat avec le CRLL Nord Pas de Calais