La chimiste de Stephenie Meyer : un thriller pour le pire, et le meilleur ?

Victor De Sepausy - 17.11.2016

Edition - Les maisons - Stephenie Meyer Chimiste - Jason Bourne thriller - roman adultes


La semaine prochaine, le nouveau roman de Stephenie Meyer sortira aux éditions Lattès, La chimiste. Depuis le 15 novembre, il est commercialisé aux États-Unis, et le moins que l’on puisse dire, c’est que la presse ne l’épargne pas toujours. 

 

 

 

Très attendu, le livre marque un retour dans l’édition pour la romancière, qui depuis Twilight a constitué une communauté de fans, autour de son vampire végétarien... Pour prévenir gentiment, les éditeurs avaient assuré que ce nouveau roman était au croisement de ce que pouvaient être les aventures de Jason Bourne et Aaron Cross, personnages de Robert Ludlum, et... Twilight. La Chimiste sera donc une expérience scientifique ?

 

Sauf que la greffe ne prend pas, même chez les plus aimables des lecteurs. Entertainement Weekly y voit un livre sympa, mais à qui il manque quelque chose, du surnaturel (tiens donc ?) ou un petit cœur brisé (re-bonjour), pour que les personnages mis en scène soient vraiment chahutés. Et que l’on y croit. 

 

Le Los Angeles Times est plus conciliant : le roman est en effet dans la veine de ce que Ludlum peut écrire, avec une héroïne bienvenue. Et plutôt que l’amour de la patrie, c’est l’amour personnel qui guide les différents personnages... 

 

Le Guardian, lui, rappelle qu’il n’y a bel et bien aucune trace de surnaturel, à l’exception de l’intelligence d’un berger allemand déconcertante. Et que si les beaux sentiments sont déployés pour donner vie à ce roman pour adultes, clairement tout cela a du mal à sonner juste, et vrai. 

 

Le National Post, lui, n’y croit pas du tout : des descriptions qui s’empilent jusqu’à vous faire tomber le livre des mains... et qui nuisent gravement à la crédibilité et l’intérêt. Le roman de 520 pages aurait mérité d’être écrit comme une romance de 200 ou un téléfilm de 70 minutes. Trop long, trop loin de ce que Meyer maîtrise, bref, trop pas...

 

Lire un extrait La chimiste de Stephenie Meyer  

 

L’Evening Standard s’étrangle presque de ce que le livre soit dédié à Bourne et Cross, pointant que dans le genre, la séquence de relooking très girly ferait mourir les amateurs du genre. 

 

Au New York Times, la romancière a expliqué son envie de changer de genre parce que... voilà : « C’est un peu comme, après avoir mangé de la crème glacée, vous avez envie de bretzels. » Et d’assurer qu’elle ne lit plus les commentaires publiés sur internet : « Quand un nouveau livre que j’écris sort, et que ce n’est pas Midnight Sun, les gens sont malheureux. »

 

Jodi Reamer, l’agent littéraire de Meyer estime pour sa part que le lectorat a grandi et qu’il est en mesure d’aborder sereinement ce nouveau livre — imprimé à 500.000 exemplaires par Little, Brown. 

 

Vivement la semaine prochaine... (le roman est traduit de l’anglais par Dominique Defert)