La Chine abandonnerait sa mainmise sur l'édition en 2010

Clément Solym - 17.02.2009

Edition - Société - Chine - mainmise - liberté


Avec l'ouverture actuelle du marché du livre en Chine, aux éditeurs privés, bien que ces deniers ne représentent que 10 % de l'offre actuelle, une petite mutation aux grandes conséquences pourrait advenir en Chine.

Selon les informations rapportées par Danwei, le gouvernement pourrait abandonner son contrôle direct des groupes d'édition d'ici la fin 2010. Cette décision se destine à mettre à profit les entreprises et médias, tout en les débarrassant de la tutelle gouvernementale, ainsi que des restrictions qui aujourd'hui ont cours. Parlons clairement de censure.

Petite piqûre culturelle de rappel : seul l'État est habilité à délivrer un numéro d'ISBN pour l'identification d'un livre sur le marché et sa commercialisation. De ce fait, en restreignant leur délivrance, on contrôle aisément le marché du livre dans le pays. La presse elle-même pourrait connaître une telle avancée, en ce qu'elle sera également découplée de son mariage contraint avec le gouvernement. Fini les restrictions sur l'ISBN, autant que la censure de contenu des articles.

De la sorte, le gouvernement chinois escompte bien voir apparaître six ou sept groupes de presse à la réputation internationale, mais également plus d'éditeurs étrangers, et ainsi générer des ventes à la hauteur de 10 milliards de yuan, pour chacun des groupes de presse.

Une étape qui serait alors décisive dans la liberté d'expression, mais également pour l'essor de l'industrie et de l'édition. De fait, l'achat de droits internationaux dans le domaine du livre serait définitivement laissé à la discrétion des éditeurs, leur offrant une marge de négociation et d'ouverture bien plus vaste.